[ACL / CLA] Déclaration de l'ACL sur les droits linguistiques des peuples autochtones

CLA Statement on Aboriginal Language Rights

Déclaration de l'Association canadienne de linguistique (ACL) sur les droits linguistiques des peuples autochtones, mai 2004

(PDF)

L'Association canadienne de linguistique (ACL), fondée en 1955, a pour objectif la promotion de l'étude des langues et de la linguistique au Canada. L'ACL regroupe plus de 300 membres provenant d'institutions à travers le Canada. Parmi eux, on compte un grand nombre d'experts) des langues autochtones du Canada. Dans cette déclaration, l'ACL plaide la protection, le maintien et le renouveau de ces langues.

Les peuples autochtones et leurs langues antidatent la formation du Canada. Tous les Canadiens ont donc le devoir d'appuyer activement les efforts des peuples autochtones de maintenir et de raviver leurs langues ancestrales. En plus, ces langues, qui pour la plupart ne sont parlées nulle part autre qu'au Canada, sont de grands trésors intellectuels et spirituels de l'humanité.

Comme l'exprimait l'Assemblée des premières nations en 1992:

Le Créateur nous a donné les langues autochtones comme partie intégrante de la vie. Les langues autochtones incarnent notre rapport unique au Créateur, nos attitudes, nos croyances, nos valeurs, et la conception fondamentale de ce qui est vrai. La langue autochtone est un atout dans l'éducation, formelle et informelle. La langue autochtone contribue à la fierté plus grande de l'histoire et de la culture de la communauté; à la participation et l'intérêt plus grands à l'éducation de leurs enfants, et au respect plus grand des Aînés. La langue est le moyen principal par lequel la culture s'accumule, se partage, et se transmet d'une génération à l'autre. La langue ancestrale commande l'accès à l'identité et la rétention de la culture.

De nombreux membres passés et présents de l'ACL ont dévoué leurs vies professionnelles à enregistrer et documenter les langues autochtones en consultation avec les communautés autochtones. Ce genre de recherche a contribué de manière importante au (i) développement de matériels pédagogiques pour les communautés autochtones ainsi qu'à (ii) notre compréhension du langage humain.

La plupart sinon toutes les langues des peuples autochtones sont actuellement en danger critique. Cet état résulte directement de politiques gouvernementales délibérées des siècles passés. Ces politiques se fondaient en partie sur les préjugés de ces temps, qui présumaient que ces langues étaient « inférieures et manquaient de pouvoir d'expression » relativement aux langues dominantes d'Europe. Les linguistes ont démontré que les langues autochtones sont des systèmes de communication tout aussi développés, dont les structures de grammaire et le pouvoir d'expression sont tout aussi riches. En conséquence, les linguistes ont une obligation spéciale de s'exprimer contre ces préjugés que l'on rapporte malheureusement toujours dans le secteur médiatique dominant.

L'ACL recommande fortement que le gouvernement et le peuple du Canada appuient les droits linguistiques des peuples autochtones.

L'ACL exige qu'au minimum on assure aux peuples autochtones ce qui suit:

  1. Les moyens de maintenir et de raviver leurs langues et, s'ils le désirent, de les transmettre à leurs enfants (par exemple en intégrant les langues autochtones au programme scolaire essentiel).
  2. Qu'une législation soit décrétée qui reconnaît et protège les langues autochtones, non pas comme objets fabriqués d'un passé lointain, mais comme parties intégrantes de cultures contemporaines et vivantes.
  3. Que tous les peuples autochtones soient pourvus de fonds stables à long terme afin de maintenir et raviver leurs langues (dans la lignée des accords Nunavut–Canada, Territoires du Nord-Ouest–Canada et Yukon–Canada, sur les langues autochtones).

CLA Statement on Aboriginal Language Rights, May 2004

(PDF)

The Canadian Linguistic Association (CLA), which was founded in 1955, has as its aim the promotion of the study of languages and linguistics in Canada. The CLA's membership of over 300 people from institutions across Canada includes many of the leading experts on Aboriginal/First Nations languages in Canada. In this statement, the CLA addresses some of the issues surrounding Aboriginal/First Nations languages of Canada, and advocates for the protection, maintenance, and revival of Aboriginal/First Nations languages.

Aboriginal/First Nations peoples and their native languages predate the formation of Canada, and therefore all Canadians have a responsibility to actively support Aboriginal/First Nations peoples' efforts in the maintenance and revitalization of their ancestral languages. In addition these languages, most of which are not spoken anywhere else in the world, are great intellectual and spiritual treasures of humanity.

In the words of the Assembly of First Nations (AFN) 1992:

The Aboriginal Languages were given by the Creator as an integral part of life. Embodied in Aboriginal languages is our unique relationship to the Creator, our attitudes, beliefs, values, and the fundamental notion of what is truth. Aboriginal language is an asset to one's own education, formal and informal. Aboriginal language contributes to greater pride in the history and culture of the community; greater involvement and interest of parents in the education of their children, and greater respect for Elders. Language is the principal means by which culture is accumulated, shared and transmitted from generation to generation. The key to identity and retention of culture is one's ancestral language.

Many past and present members of the CLA have devoted their professional lives to record and document Aboriginal/First Nations languages in consultation with Aboriginal/First Nations communities. This type of research has contributed significantly to i) the development of pedagogical materials for Aboriginal/First Nations communities as well as to ii) our understanding of human language.

Most, if not all, Aboriginal/First Nations languages are currently critically endangered. This is a direct result of deliberate government policy in the previous centuries. These policies were partly based on the uninformed biases of the day, which advocated that these languages were Ņinferior and lacking expressive power' compared to the dominant European languages. Linguists have shown that Aboriginal/First Nations languages are equally developed systems of communication with equally rich structures and expressive power. Therefore, linguists have a special obligation to speak out against such uninformed biases, which are unfortunately still cited in the mainstream media.

The CLA strongly recommends that the government and the people of Canada support Aboriginal/First Nations peoples' language rights.

The CLA urges that at a minimum, Aboriginal/First Nations peoples should be guaranteed the following:

  1. The means to maintain or revitalize their Aboriginal/First Nations languages and, should they so desire, to pass them on to their children (for example by making Aboriginal/First Nations languages part of the core school curriculum).
  2. That legislation be enacted to recognize and protect Aboriginal/First Nations languages, not as artefacts of a distant past but as essential parts of contemporary vibrant cultures.
  3. That stable, long-term funding be provided to all Aboriginal/First Nations peoples to maintain or revitalize their native languages (much like the Nunavut-Canada agreements, the North West Territories-Canada agreements and Yukon-Canada agreements on Native languages).
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