University of Toronto 
FRE 1800H-F
2003
Pratique théâtrale
et
littérature dramatique
au 18e siècle

(David Trott)

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Saisis par une fureur généralisée de jouer, les Français du 18e siècle voient s'affronter sur la scène et sur papier deux projets divergents pour la domination de leur activité théâtrale. Contre la mainmise et les interdictions de monopoles successifs, les partisans d'une conception plus ouverte et sans entraves de l'activité scénique luttent pour la survie.  La croissance rapide du nombre de théâtres (multiplication des salles non-officielles et privées) et la prolifération des textes qui l'accompagne (textes d'auteurs nouveaux, pièces et écrits historiques et théoriques sur le théâtre) sont constamment tenus en échec par des actions régulatrices (des théâtres officiels sur les représentations à Paris, de l'Eglise sur la conduite des acteurs, du mouvement philosophique pour la mission des théâtres et de la critique néo-classique sur leur orientation esthétique).  Pour schématiser ces heurts multiples, le 18e siècle est partagé entre une vision doctrinaire et littéraire du théâtre et une autre qui se réclame bruyamment de son caractère corporel et spontané. 

 L'objectif du cours est de cerner cette dichotomie mise-en-scène/littérature, telle qu'elle se manifeste autour d'une sélection de pièces considérées à la fois comme événements théâtraux et comme éditions. Voltaire insiste à maintes reprises sur l'abîme entre ces deux perspectives: l'appréciation de la représentation ("D'un acteur quelquefois la séduisante adresse / D'un vers dur et sans grace adoucit la rudesse:" ["Discours" préliminaire d'Eryphile]) trouve sa contrepartie dans les exigences du livre ("mais il faut un autre mérite pour soutenir le grand jour de l'impression." [Préface de la première édition de Mariamne]).  Si les histoires du théâtre du 18e siècle ont longtemps favorisé sa face littéraire, il est temps de ré-intégrer la masse des productions scéniques issues de la théâtromanie ambiante.  Il est clair qu'une libre production du sens résultant de la collaboration active entre acteurs et spectateurs fut progressivement enterrée au cours du siècle par une écriture modelée sur des idéologies non-théâtrales; cette pratique signifiante n'a ré-émergé qu'au 20e siècle par le biais d'une nouvelle focalisation sur la théâtralité. 

TEXTES: (maximum de huit pièces choisies parmi les suivantes)
 Delisle de la Drevetière, Arlequin sauvage (en ligne)
 Marivaux, Les Acteurs de bonne foi
 Piron, Arlequin Deucalion (édition J. Troubat en ligne)
 Voltaire, Brutus (en ligne)
 Destouches, Le Dissipateur
 Mme de Graffigny, Cénie (en ligne) 
 Collé, La Partie de chasse d'Henri IV (édition 1762 en ligne) (édition 1774 en ligne)
 Sedaine, Le Philosophe sans le savoir (édition du ms. de la Comédie-Française en ligne)
 Beaumarchais, Jean-Bête à la foire ou Le Mariage de Figaro

David Trott, Théâtre du XVIIIe siècle: jeux, écritures, regards. Montpellier, Editions Espaces 34, 2000.

Une bibliographie détaillée comportant des extraits de l'Histoire et Recueil des Lazzis, les Mémoires pour servir à l'histoire des spectacles de la Foire (en ligne), la Correspondance littéraire, Le Paradoxe sur le comédien et d'autres commentaires, sera affichée sur le site web du cours. 

EVALUATION:
 Un exposé oral et une dissertation.