Théâtres de société
Inventaire hypertextuel annoté
chez le chevalier d'Arcq
 © Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval,
Dominique Quéro et David Trott (webmestre)
 juillet 2001
«3 Août [1767]. La fête que M. le Chevalier d'Arcq a donnée aujourd'hui à Madame la Comtesse de Langeac étoit destinée pour le jour de la Madeleine,  Patrone de cette Dame; mais certains préparatifs ayant manqué... elle n'a eu lieu que ce soir.//Cette fête a commencé par une Lotterie, une Lanterne Magique, des Jeux de Gobelets, &c. par tous les petits amusemens qui peuvent précéder un grande & magnifique souper. Ensuite le spectacle s'est ouvert. // Il y a d'abord eu un prologue de la composition de M. le Chevalier d'Arc, exécuté par les enfans de Madame la Comtesse. On se doute bien qu'il y avoit beaucoup d'esprit & des choses très-flatteuses pour la mere & le Ministre [comte de St. Florentin]. // On a ensuite exécuté l'Acte de Vertumne & Pomone , qui doit faire partie des Fragmens que les nouveaux directeurs se proposent de donner à l'Opéra. Les principaux auteurs [sic] étoient le Gros & Mlle. Rosalie. (...) // L'Opéra Comique qui a succédé, étoit intitulé le Bouquet, piece toute nouvelle, mêlée d'ariettes, dont Audinot est le prête-nom, mais de plusieurs auteurs en société. La Musique, très-agréable, est aussi un mêlange de différens compositeurs. Audinot y a joué, ainsi que Clairval, Mlle. Mandeville, &c. & Mlle. Dubricule, quoique de l'Opéra, n'a point cru dégrader la noblesse d'un spectacle du second ordre. Ce qui a enchanté & ravi dans ce Drame, est le [sic] fille d'Audinot, âgée de six ans. Elle a déclamé; elle a chanté, touché du clavecin, dansé un menuet & des entrées, & a reçu des applaudissemens dans tous les genres. C'est un prodige de la nature encore plus que de l'art. // M. Poinsinet a donné un plat de sa façon auquel on ne s'attendoit pas, une parade la plus parfaite, c'est-à-dire la plus obscene & la plus orduriere; elle a pour titre l'Ogre. C'est en effet un Ogre, qui pour se ragoûter demande à son confident de la chair fraîche. Il lui faut une fille de quinze ans, &c. Bellecour faisoit l'ogre, Auger le confident, & Madame Bellecour étoit la chair fraiche, On peut juger du reste. Pour purifier ces gueules dégoûtantes, il n'a fallu rien moins que tout le feu du ciel, concentré dans un feu d'artifice très-chaud, très-rapide, terminé par une illumination charmante, qu'a remplacé le jour auquel tout le monde s'est retiré(Bachaumont, III, 210-212)
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Bibliographie