Théâtres de société
Inventaire hypertextuel annoté
Arsenal 
 © Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval,
Dominique Quéro et David Trott (webmestre)
 juillet 2001
  •  (voir Clarétie, p. 11 – sous Louis XIV) 
  • Théâtre pour "ces Messieurs" [21 février 1734] -- Mercure de France, février 1734, p. 368 sq. : « Le goût pour la Comédie, si en vogue depuis quelque temps, ne s’est point ralenti du tout à Paris ; on voit tous les jours des Compagnies, où l’on se fait un plaisir de représenter des Pièces de Théâtre, et où elles sont, pour l’ordinaire, jouées avec applaudissement. Parmi ces sortes de Sociétés, celle qui était à l’Hôtel de Brancas, et ensuite à l’Hôtel de Lauzun, est une de celles parmi lesquelles il y a de meilleurs sujets. Nous en avons parlé dans le Mercure de mars 1732. Des Personnes de distinction, et des connaisseurs éclairés ont vu leurs représentations avec plaisir ; et ces Messieurs ont été souvent honorés de la présence de plusieurs Princes et Princesses, entre autres Madame la Duchesse du Maine y a assisté plusieurs fois, et en a paru satisfaite. C’est ce qui les a engagés à demander à cette Princesse une Salle propre à jouer la Comédie. Ils lui ont présenté le Placet que l’on va lire. [...]     Ce Placet fut reçu favorablement de la Princesse, qui a eu la bonté de donner à ces Messieurs une Salle dans l’Arsenal, où ils ont fait dresser leur Théâtre, et sur lequel ils ont représenté pour la 1ère fois, le 21 février, en présence de Mme la Duchesse du Maine et d’une Compagnie choisie, la Tragédie de Manlius Capitolinus de M. de la Fosse, suivie de la petite Comédie des Trois Frères rivaux, à laquelle ils ont ajouté un Divertissement de Chants et de Danses, dont les paroles sont de M. Parfait, et la musique de M. Bouvar. Le tout précédé d’un Prologue, fait à la louange de la Princesse, qui après la représentation eut la bonté de témoigner sa satisfaction à l’Auteur. [...] ................................................... ............................................................. .............................................   Le Prologue est de M. de Morand, dans lequel il jouait lui-même le rôle d’Apollon. Nous apprenons que ces Messieurs se préparent à donner sur le même Théâtre une Tragédie nouvelle du même Auteur. C’est de lui dont il est parlé dans le Mercure de Février 1732 au sujet d’un pareil Spectacle, représenté à Nîmes, etc. » ...................  ..........................  ......................... .............................. ....... Divertissement de Chants et de DansesDivertissement de Chants et de Danses « Avertissement » en tête du Prologue représenté devant S.A.S. Mme la Duchesse du Maine, le 21 février 1734 : « Mme la Duchesse du Maine ayant eu la bonté d’accorder à une Société de jeunes gens de l’un et de l’autre sexe, la permission de jouer des Comédies dans une Salle de l’Arsenal, et cette Princesse ayant daigné honorer de sa présence la 1ère représentation, le Spectacle commença par ce Prologue. » ...................  ..........................  ......................... .............................. .......    ................................................... ........................... «Les jeunes gens de l’un et l’autre sexe qui représentent des Comédies à l’Arsenal, dont nous avons parlé dans le dernier Mercure, donnèrent le 28 février une représentation de L’Ecole des Femmes, suivie de La Parisienne, en présence de S.A.S. Mme la Duchesse du Maine ; ces deux Pièces furent extrêmement applaudies, et cette petite Société a encore augmenté dans le genre comique, la réputation qu’elle s’est acquise dans le sérieux ; quelques-uns de ces Sujets, dont les talents sont très goûtés, mériteraient bien en effet d’être nommés et plus connus. ................................................... ............................................................. .............................................   M. de Morand, Auteur du Prologue dont nous avons donné l’extrait, et qui avait affecté de ne rien dire de Mlle du Maine, prononça avant la représentation de la Comédie, les Vers suivants, qui furent extrêmement applaudis, et qui lui valurent de nouvelles marques de bonté de Mme et de Mlle du Maine... » (Mercure de France, mars 1734, p. 581.)  ................................................... ................................................... ............................................................. ............................................. .   «Le 7 de ce mois, on représenta sur le Théâtre de l’Arsenal, la Tragédie nouvelle annoncée dans le Mercure de Février. Elle fut reçue avec beaucoup d’applaudissements par une nombreuse Assemblée. On la rejoua le 11 avec plus d’applaudissements encore.   Cette Pièce est intitulée Pyrrhus et Téglis […]. Elle a été précédée d’une Scène en forme de Prologue, entre un Marquis ridicule et un Acteur de la Comédie de l’Arsenal, qui a fait beaucoup de plaisir. […]   L’Acteur lui dit que s’il ne vient au Spectacle que pour être vu, c’est sur un plus grand Théâtre, et devant une Assemblée plus nombreuse qu’il doit paraître. Le Marquis répond qu’il a déjà assisté au Prologue de l’Opéra, à un Acte de la Comédie Française, à quelques Scènes de l’Italienne ; et qu’ayant appris qu’il y avait à l’Arsenal une Comédie, où se rassemblaient de fort aimables Comédiens, il était venu y passer quelques moments […].   L’Acteur lui répond que si les grands Auteurs vont briguer son suffrage, il n’est pas étonnant que celui de la Pièce nouvelle ne l’ait pas mendié : que comme il ne fait que commencer, il ne sait pas comment s’y prendre pour faire réussir une Pièce. Et il ajoute ensuite : « Auteurs, Acteurs, Musiciens, tous n’agissent ici que pour leur propre plaisir, pour celui de leurs amis, et surtout par l’espoir de contribuer quelquefois aux amusements d’une Princesse* [* Mme la Duchesse du Maine] illustre qui nous honore de sa protection, et qui veut bien se contenter de nos faibles efforts. Ainsi, Mrs, nous n’avons besoin d’aucun artifice, ni pour faire applaudir nos Acteurs, ni pour faire réussir nos nouveautés » […].   L’Acteur est charmé d’être délivré de cet étourdi et finit ainsi : « Nous n’avons à parler que devant des personnes sensées et raisonnables, qui voudront bien voir avec bonté le coup d’essai qu’on va leur offrir. Annoncer un coup d’essai, n’est-ce pas demander de l’indulgence ? Qui ne sait que des plus faibles commencements sont sortis quelquefois de vrais chefs-d’œuvre. »  (Mercure de France, avril 1734, p. 764sq.)
    "Téglis, Tragédie de Morand, 1735. On avoit donné quelques représentations de cette Tragédie, avec un Prologue, sur le Petit Théâtre de Madame la Duchesse du Maine à l'Arsenal, où Morand étoit lui-même un des Acteurs." (Dictionnaire dramatique, II, 209)  
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Bibliographie