Isle-Adam, voir François-Louis
de Bourbon, prince
de Conti
“ Le château... était construit dans l’île
Prieuré dont il tenait, avec ses dépendances, toute l’extrémité
nord, depuis le bec en maçonnerie opposé à la violence
des eaux de l’Oise jusqu’à la route coupant les deux îles,
dans l’axe des trois ponts.” (Capon & Yve-P, Vie privée,
p. 149)
“Le rez-de-chaussée du château était affecté
aux appartement du Prince. C’est là qu’étaient sa chambre
à coucher, pièce à alcôve s’éclairant
sur la rivière par deux croisées; le salon de compagnie,
la salle à manger.” (Capon & Yve-P, Vie privée,
p. 151)
“La représentation n’était que pour le soir. Deux
heures avant le souper, on se réunissait dans le
salon d’assemblée. On papotait, on ragotait sur les gens
de Versailles, on devisait philosophie, art ou littérature; on improvisait
de petits vers, la mode étant aux impromptus, aux à-propos,
aux bouts-rimés et aux charades; on jouait des proverbes ou des
comédies.” (Capon & Yve-P, Vie privée, p. 155)
“Ah! l’incomparable Pont-de-Veyle, resté malgré
son âge, le bout-en-train de ces réunions! Il est un vivant
répertoire de chansons, de parodies et de parades qu’il promène
à travers les salons, y ajustant chaque fois quelque nouveau couplet,
quelque scène, quelque lazzi à mourir de rire. Tantôt
il se travestit en pythie, pour dire la bonne aventure aux dames sur l’air
de la Pythie de Bellérophon. Tantôt il se présente
à la porte déguisé en marchand d’orviétan,
demandant qu’il lui soit permis d’étaler sa boutique et de vendre
ses drogues; et il trouve le secret d’amuser plus d’une heure par le récit
extraordinaire de tout ce qu’il a vu au cours de ses prétendus voyages.
Ensuite il distribue ses onguents, c’est-à-dire qu’il donne à
chacun de petites boîtes renfermant, avec des rubans et des dragées
pour les dames, un vaudeville applicable à la personne qui le reçoit.Cette
scène du vendeur d’orviétan, il l’a déjà débitée
chez madame de Rochefort, chez le duc
d’Orléans, un peu partout; mais on ne s’en lasse point et partout
on la redemande.” (Capon & Yve-P,
Vie privée, p. 159)
-
"En 1747, Jean Damun, «Architecte des Menus-Plaisirs du Princes
de Conti», construit la première
salle de spectacle à L'Isle-Adam, sur l'île de
la Cohue." (Trésors des princes de Bourbon-Conti, p. 117)
“Demain on jouera la comédie pour de bon, soit avec des acteurs
de société, soit avec artistes empruntés à
la Comédie-Italienne, auquel car Papillon de la Ferté, intendant
[entre 1756 et 1780] des Menus, s’ingéniera à arranger le
répertoire de ce théâtre, pour que le Prince puisse
avoir à L’Isle-Adam les sujets qu’il désire. Il y a au château
une petite scène portative fort bien agencée, avec tout un
matériel et des décorations brossées exprès
pour chaque pièce. Ecoutons une invitée du Prince, Mme de
Genlis, nous parler sans feinte de ces comédies de société
et de ces comédiens d’occasion [en 1767].” (Capon & Yve-P,
Vie
privée, p. 159)
“ On fit faire un petit théâtre
portatif que l’on mit dans la salle à manger et nous
répétâmes le «Savetier et le financier».
Il n’y avoit que trois personnages, le financier, le savetier et sa femme.
Je faisois ce dernier rôle; M. Donezan, celui de savetier avec une
perfection qui ne laissoit rien à désirer... Nous eûmes
un succès prodigieux. La timidité silencieuse que j’avois
habituellement donna quelque chose de merveilleux à ce succès:
dans une dernière scène, je fis pleurer et rire; l’enthousiasme
de M. de Prince de Conty fut extrême. Il fit promettre à M.
de Genlis de me faire peindre dans ce costume de savetière, tenant
un panier plein d’oignons; on m’a peinte en effet avec cet habit, je ne
sais ce que ce portrait est devenu. On nous fit jouer quatre jours de suite
ce proverbe. La Maréchale et madame de Boufflers furent charmantes
pour moi en cette occasion... M. le prince de Conty essaya encore de causer
avec moi, mais en vain; mon malaise avec lui étoit invincible.
Toutes les femmes voulurent jouer des proverbes et demandèrent
des leçons à M. Donezan, qui assura ne m’en avoir donné
aucune. On arrangea plusieurs proverbes. Madame de Montesson et madame
de Sabran (dames de Mme la princesse de Conty) prirent des rôles,
et jouèrent, non pas d’une manière passable, mais ridiculement.
(...) On cessa de jouer des proverbes.... Mais on joua la comédie.
Je n’avois que deux rôles insignifiants, celui d’amoureuse dans l’
«Impromptu de campagne», et celui d’Isabelle dans les «Plaideurs».
Mais pour m’entendre chanter et jouer de la harpe, M. de Pont-de-Veyle
fît un divertissement, «Les noces d’Isabelle», dans lequel
je jouai une sonate de harpe et je chantai de fort jolis couplets. ” (Capon
& Yve-P, citent les Mémoires de Mme de Genlis , ds. Vie
privée, p. 160)
-
"18 Décembre 1764. Le Prince de Conti se propose de
faire jouer à l'Isle-Adam le Comte de Cominges, ou les
Amans malheureux, drame de M. d'Arnaud, qui a fait pleurer tant de
femmes. On assure que S.A. fait faire actuellement les décorations
qui doivent accompagner ce spectacle sombre, pour nous servir de l'expression
de l'auteur dans sa préface." (Bachaumont, II, p. 131).
-
En 1766 Petite Meunière (La), Comédie en un
acte, en prose, mêlée d’ariettes, par M. Arnould, à
l’Isle-Adam, 1766 (Supplément aux Anecdotes dramatiques de
La Porte et Clément, p. 269).
-
En 1771, il [Conti] rappelle son architecte [J. Damun] afin de réaménager
et d'agrandir cette même salle. Damun conçoit un
théâtre double, composé
d'une salle de spectacle et d'une salle de bal. D'abord, Damun procède
au rehaussement d'un étage de la salle de spectacle afin de donner
plus d'ampleur à la scène. Puis, le prince de Conti décide
d'augmenter la capacité de son théâtre en créant
une salle «à la grecque», située à l'arrière
de la première salle de spectacle à la place d'un logement
existant. Cette nouvelle salle, de plan semi-circulaire, est entourée
de deux étages de loges. Cet agencement ne donne pas toute satisfaction
au prince de Conti. La salle reste mal commode et ses dimensions ne répondent
pas à ses exigences. Il fait détruire et reconstruire la
salle selon un plan en oval tronqué à un emplacement plus
éloigné afin d'agrandir la première scène.
Elle est édifié de manière plus grandiose. Le prince
et l'architecte ont quelques difficulté à choisir le moyen
d'accès aux loges. Dans un premier temps, deux escaliers intérieurs
sont construits. Cet aménagement déplait au prince de Conti
qui les fait dértruire. Enfin, il opte pour deux escaliers latéraux
et des corridors de déagement qui desservent les loges aux balcons
continue." (...) "cet ouvgage témoigne du goût dispendieux
du prince. La difficulté à arrêter le projet peut s'expliquer
par le désir d'obtenir une sonorité et un bâtiment
parfaits. Entre 1750 et 1775, l'architecture théâtrale est
en évolution constante: de nombreuses discussions s'élèvent
sur le plan des salles. Faut-il préférer un plan en ovale,
en ovale troqué ou en ellipse?" (Trésors des princes de
Bourbon Conti, p. 117-118).
Issy
Ancienne Porte du Château - Photo début
XXe siècle
[remerciements à M-E Plagnol-Diéval
]
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photo début XXIe siècle
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(château de Pierre Bullet, jardins de Le Nôtre) Propriété
des Conti de 1699 à 1777.
Après 1764, Louis-François de Conti, alors Grand-Prieur
au Temple,
gère la propriété d'Issy qu'il avait hérité
en 1732. "On ne retient du séjour du prince qu'une fête qu'il
donna à sa nièce en l'honneur de sa belle-fille, jeune
mariée d'un mois. Fête passée en famille que Carmontel
anima agréablement, y faisant jouer quelques-uns de ses petits drames,
ses célèbres
Proverbes." (Trésors
des princes de Bourbon Conti, p. 105)
Ivry (sans autres détails)
Le Prévost D'Exmes, François, L’Amour et l’amitié,
1763
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