Théâtres de société
Inventaire hypertextuel annoté
I
 © Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval,
Dominique Quéro et David Trott (webmestre)
 juillet 2001
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Bibliographie

Isle-Adam, voir François-Louis de Bourbon, prince de Conti
 “ Le château... était construit dans l’île Prieuré dont il tenait, avec ses dépendances, toute l’extrémité nord, depuis le bec en maçonnerie opposé à la violence des eaux de l’Oise jusqu’à la route coupant les deux îles, dans l’axe des trois ponts.” (Capon & Yve-P, Vie privée, p. 149) 
 “Le rez-de-chaussée du château était affecté aux appartement du Prince. C’est là qu’étaient sa chambre à coucher, pièce à alcôve s’éclairant sur la rivière par deux croisées; le salon de compagnie, la salle à manger.” (Capon & Yve-P, Vie privée, p. 151) 
 “La représentation n’était que pour le soir. Deux heures avant le souper, on se réunissait dans le salon d’assemblée. On papotait, on ragotait sur les gens de Versailles, on devisait philosophie, art ou littérature; on improvisait de petits vers, la mode étant aux impromptus, aux à-propos, aux bouts-rimés et aux charades; on jouait des proverbes ou des comédies.” (Capon & Yve-P, Vie privée, p. 155) 
 “Ah! l’incomparable Pont-de-Veyle, resté malgré son âge, le bout-en-train de ces réunions! Il est un vivant répertoire de chansons, de parodies et de parades qu’il promène à travers les salons, y ajustant chaque fois quelque nouveau couplet, quelque scène, quelque lazzi à mourir de rire. Tantôt il se travestit en pythie, pour dire la bonne aventure aux dames sur l’air de la Pythie de Bellérophon. Tantôt il se présente à la porte déguisé en marchand d’orviétan, demandant qu’il lui soit permis d’étaler sa boutique et de vendre ses drogues; et il trouve le secret d’amuser plus d’une heure par le récit extraordinaire de tout ce qu’il a vu au cours de ses prétendus voyages. Ensuite il distribue ses onguents, c’est-à-dire qu’il donne à chacun de petites boîtes renfermant, avec des rubans et des dragées pour les dames, un vaudeville applicable à la personne qui le reçoit.Cette scène du vendeur d’orviétan, il l’a déjà débitée chez madame de Rochefort, chez le duc d’Orléans, un peu partout; mais on ne s’en lasse point et partout on la redemande.” (Capon & Yve-P, Vie privée, p. 159) 
  • "En 1747, Jean Damun, «Architecte des Menus-Plaisirs du Princes de Conti», construit la première salle de spectacle à L'Isle-Adam, sur l'île de la Cohue." (Trésors des princes de Bourbon-Conti, p. 117)
 “Demain on jouera la comédie pour de bon, soit avec des acteurs de société, soit avec artistes empruntés à la Comédie-Italienne, auquel car Papillon de la Ferté, intendant [entre 1756 et 1780] des Menus, s’ingéniera à arranger le répertoire de ce théâtre, pour que le Prince puisse avoir à L’Isle-Adam les sujets qu’il désire. Il y a au château une petite scène portative fort bien agencée, avec tout un matériel et des décorations brossées exprès pour chaque pièce. Ecoutons une invitée du Prince, Mme de Genlis, nous parler sans feinte de ces comédies de société et de ces comédiens d’occasion [en 1767].”  (Capon & Yve-P, Vie privée, p. 159) 
 “ On fit faire un petit théâtre portatif que l’on mit dans la salle à manger et nous répétâmes le «Savetier et le financier». Il n’y avoit que trois personnages, le financier, le savetier et sa femme. Je faisois ce dernier rôle; M. Donezan, celui de savetier avec une perfection qui ne laissoit rien à désirer... Nous eûmes un succès prodigieux. La timidité silencieuse que j’avois habituellement donna quelque chose de merveilleux à ce succès: dans une dernière scène, je fis pleurer et rire; l’enthousiasme de M. de Prince de Conty fut extrême. Il fit promettre à M. de Genlis de me faire peindre dans ce costume de savetière, tenant un panier plein d’oignons; on m’a peinte en effet avec cet habit, je ne sais ce que ce portrait est devenu. On nous fit jouer quatre jours de suite ce proverbe. La Maréchale et madame de Boufflers furent charmantes pour moi en cette occasion... M. le prince de Conty essaya encore de causer avec moi, mais en vain; mon malaise avec lui étoit invincible. 
Toutes les femmes voulurent jouer des proverbes et demandèrent des leçons à M. Donezan, qui assura ne m’en avoir donné aucune. On arrangea plusieurs proverbes. Madame de Montesson et madame de Sabran (dames de Mme la princesse de Conty) prirent des rôles, et jouèrent, non pas d’une manière passable, mais ridiculement. (...) On cessa de jouer des proverbes.... Mais on joua la comédie. Je n’avois que deux rôles insignifiants, celui d’amoureuse dans l’ «Impromptu de campagne», et celui d’Isabelle dans les «Plaideurs». Mais pour m’entendre chanter et jouer de la harpe, M. de Pont-de-Veyle fît un divertissement, «Les noces d’Isabelle», dans lequel je jouai une sonate de harpe et je chantai de fort jolis couplets. ” (Capon & Yve-P, citent les Mémoires de Mme de Genlis , ds. Vie privée, p. 160) 
 
  • "18 Décembre 1764. Le Prince de Conti se propose de faire jouer à l'Isle-Adam le Comte de Cominges, ou les Amans malheureux, drame de M. d'Arnaud, qui a fait pleurer tant de femmes. On assure que S.A. fait faire actuellement les décorations qui doivent accompagner ce spectacle sombre, pour nous servir de l'expression de l'auteur dans sa préface." (Bachaumont, II, p. 131).
  • En 1766 Petite Meunière (La), Comédie en un acte, en prose, mêlée d’ariettes, par M. Arnould, à l’Isle-Adam, 1766 (Supplément aux Anecdotes dramatiques de La Porte et Clément, p. 269).
  • En 1771, il [Conti] rappelle son architecte [J. Damun] afin de réaménager et d'agrandir cette même salle. Damun  conçoit un théâtre double, composé d'une salle de spectacle et d'une salle de bal. D'abord, Damun procède au rehaussement d'un étage de la salle de spectacle afin de donner plus d'ampleur à la scène. Puis, le prince de Conti décide d'augmenter la capacité de son théâtre en créant une salle «à la grecque», située à l'arrière de la première salle de spectacle à la place d'un logement existant. Cette nouvelle salle, de plan semi-circulaire, est entourée de deux étages de loges. Cet agencement ne donne pas toute satisfaction au prince de Conti. La salle reste mal commode et ses dimensions ne répondent pas à ses exigences. Il fait détruire et reconstruire la salle selon un plan en oval tronqué à un emplacement plus éloigné afin d'agrandir la première scène. Elle est édifié de manière plus grandiose. Le prince et l'architecte ont quelques difficulté à choisir le moyen d'accès aux loges. Dans un premier temps, deux escaliers intérieurs sont construits. Cet aménagement déplait au prince de Conti qui les fait dértruire. Enfin, il opte pour deux escaliers latéraux et des corridors de déagement qui desservent les loges aux balcons continue." (...) "cet ouvgage témoigne du goût dispendieux du prince. La difficulté à arrêter le projet peut s'expliquer par le désir d'obtenir une sonorité et un bâtiment parfaits. Entre 1750 et 1775, l'architecture théâtrale est en évolution constante: de nombreuses discussions s'élèvent sur le plan des salles. Faut-il préférer un plan en ovale, en ovale troqué ou en ellipse?" (Trésors des princes de Bourbon Conti, p. 117-118). 
Issy  
Ancienne Porte du Château - Photo début XXe siècle
[remerciements à M-E Plagnol-Diéval ]
photo début XXIe siècle
(château de Pierre Bullet, jardins de Le Nôtre) Propriété des Conti de 1699 à 1777. 
Après 1764, Louis-François de Conti, alors Grand-Prieur au Temple, gère la propriété d'Issy qu'il avait hérité en 1732. "On ne retient du séjour du prince qu'une fête qu'il donna à sa nièce en l'honneur de sa  belle-fille, jeune mariée d'un mois. Fête passée en famille que Carmontel anima agréablement, y faisant jouer quelques-uns de ses petits drames, ses célèbres Proverbes."  (Trésors des princes de Bourbon Conti, p. 105) 
Ivry (sans autres détails) 
 Le Prévost D'Exmes, François, L’Amour et l’amitié, 1763 

 

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              page mise à jour le 13 avril 2002