S****, château
de "Trois
Nanettes, (les) Comédie en un Acte, par un Pseudonyme, jouée
à la Campagne, sur un Théâtre
de Société. Cette petite
Piece est de M. Favart. Un homme, dont nous tairons le nom, l'a fait jouer,
& y a joué lui-même au Chateau de S**** chez Madame de
V***; il s'en disoit l'Auteur, & en recevoit les compliments d'un air
assuré." (Dictionnaire dramatique, II, 246-247)
Sans-Prétention
Saint-Antoine, voir Faubourg
Saint-Antoine
Saint-Antoine, salle de la rue
("...certains [théâtres de société] sont devenus
temporairement des théâtres publics: salle
de la rue Saint-Antoine..." (Tissier, p. 377)
Saint-Cloud,
-
“M. le régent a donné une fête superbe à sa
maîtresse, Madame d’Averne, dans la maison
qu’il a louée à Saint-Cloud, sur la côte, à
droite du pont” 30 juillet 1721 (Journal de Barbier, I, 94-95).
"En 1722, le régent et ses compagnons de débauches célébraient
des orgies qu'ils appelaient fêtes d'Adam. Laissons parler
le duc de Richelieu, qui sans doute y assistait. (...) «D'autres
fois, on choisissoit les plus beaux jeunes gens de l'un et de l'autre sexe
qui dansoient à l'Opéra, pour répéter des ballets
que le ton aisé de la société, pendant la régence,
avoit rendus si lascifs, et que ces gens exécutoient dans cet état
primitif où étoient les hommes avant qu'ils connussent les
voiles et les vêtements. Ces orgies, que le régent, Dubois
et ses roués appeloient fêtes d'Adam, furent
répétées une douzaine de vois; car le prince parut
s'en dégoûter»" (Dulaure, III, 493-494)
-
château de (1577-1870) duc d’Orléans,
Louis-Philippe dit le Gros reçoit le château de son père
(le Pieux) en 1743: “Des festins offerts au peuple, des joutes nautiques
sur la Seine, des feux d’artifices, furent organisés.... Saint-Cloud
retrouva sa destination de maison de plaisance et de plaisirs.” Vendu le
19 février 1785 à Louis XVI, sous les conseils de Mme de
Montesson (conseils au duc d’Orléans). (A la recherche des châteaux
disparus, p. 66)
-
"Le 24 [février, 1750] je fus à Saint-Cloud, voir représenter
le
Philosophe marié. Mme de Duchesse de Chartres y jouoit le rôle
de Céliante, M. le Duc de Chartres celui de l'oncle, qu'il joua
avec plus de gaieté et de vérité que le vieux Duchemin;
le chevalier de Pont fit valoir celui du marquis du Lauret, qu'on ne connoissoit
pas, ayant toujours été livré à de mauvais
comédiens. Mme de Forcalquier joua le rôle de Mélite
assez bien, à quelques imitations près du jeu de la Gaussin
et un peu de déclamation dans les endroits tendres. M. de Montauban,
qui jouoit le rôle du Philosophe marié, seroit un excellent
comédien: il ne lui manque que l'habitude du théâtre;
il a beaucoup de feu et de naturel." (Collé, Journal et mémoires,
I, p. 133)
-
"[La Foire du Parnasse] a été donnée depuis
[septembre 1750], par moi, à Saint-Cloud, chez M. le duc d'Orléans;
elle y eut un grand succès" (Collé, Journal et mémoires,
I, p. 232, note 1)
(voir aussi Berny,
Étioles)
-
en société (L’obstiné,
de Lanoue, 1757)
-
La fête de Saint Cloud, de Moline, 1768
|
Saint-Denis - Provençal par
amour (Le), Comédie en un acte, en prose, à l’occasion
du mariage de M. le Comte de Provence, par Taconet, représentée
à Saint-Denis en 1772 (Supplément aux Anecdotes
dramatiques de La Porte et Clément, p. 271). [Brenner 11235,
« Th. de Nicolet 1771 »]
Saint-Domingue
"19 Novembre 1765. (...) On écrit de Saint-Domingue que
M. le Comte d'Estaing, Gouverneur général, a fait représenter
au Cap le Siege de Calais [de Belloy]; que cette tragédie
y a fait fermenter au plus haut degré le zele patriotique. Non content
de cela, le Commandant a fait imprimer la piece à ses dépens,
& a fait distribuer des exemplaires à tous les habitans &
soldats." ( Bachaumont, II, p. 264).
Saint-Germain-en-Laye,
-
Saint Germain en Laye, Laurette et Zima, 1765 . "Indiscret
malgré lui, (l') Comédie en un Acte, par Taconet,
jouée à Saint-Germain-en-Laye, 1769." (Dictionnaire dramatique,
II, 404)
-
chez le duc d'Ayen, représentations
(Miss Sara Sampson, de Trudaine De Montigny, Jean-Charles-Philbert,
1761) (A Saint-Germain, chez le duc d’Ayen “dont la fille la comtesse de
Tessé jouait dans un drame de Lessing” – Clarétie,
p. 18)
|
Saint-Germain, rue & faubourg
-
baron d'Esclapon - (Clarétie, p. 20, évoque une/des
représentation/s au “Faubourg Saint-Germain chez le baron d’Esclapon
en 1767) "Le baron d'Esclapon avait un théâtre
au faubourg Saint-Germain, où les acteurs des Français venaient
jouer, et où fut donné, en 1767, un spectacle au profit du
comédien Molé." (Dulaure, III, p. 470). "12 Février
[1767]. La fameuse représentation tant annoncée en faveur
de Molé doit s'exécuter [le 18 février] sur le théâtre
de M. le Baron d'Esclapon, fauxbourg St. Germain. Les deux pieces qu'on
jouera, sont Zelmire & l'Epoux par supercherie. On compte
sur 600 billets." (Bachaumont, III, 142).
|
Saint Honoré, rue & faubourg
(voir Le Marchand, Maurepas, Soyecourt)
-
Mme Le Marchand "...dont l'hôtel de la rue Saint-Honoré
«était le rendez-vous des personnes célèbres
dans tous les genres. On sait que c'est chez elle que Coypel
répétait ses comédies, et qu'il y avait
toujours des succès»" (Cabinet des fées, cité
dans Quéro, 2001, p. 137, note 10)
-
comte de Maurepas, petite maison aux alentours de 1731-1732
(Cinquième Lazzi, hiver 1732) "...ce
Lazzi, que l'Ingrat donna dans sa petite maison du faubourg Saint-Honoré,
(...) Mais soit à cause de la rigueur de la saison, qui n'était
point encore agréable pour la campagne, soit dans la crainte de
l'éclat que ce souper pourrait faire, soit enfin pour d'autres raisons,
la scène, comme je l'ai déjà dit, fut établie
à Paris dans le faubourg Saint-Honoré. Les marionnettes
que l'on vit paraître conservèrent seulement sur leur affiche
le titre de Marionnettes d'Auteuil. Le
théâtre était avantageux et paré de tout ce
qui peut convenir au célèbre et bon ami Polichinelle.
(Lazzis, p. 112)
-
Soyecourt aux alentours de 1748
|
Saint-Hubert, château
de (Que ne peut l'amour?, Nau, 1767)
Saint-Lambert, "Fêtes de l'amour et de l'hymen,
(les) Comédie-Ballet, par M. de Saint-Lambert, jouée en société
[où?], 1754. (Dictionnaire dramatique, II, 384)
Saint-Mars, chez le chevalierde
(Sa mère l'allaita ou le bon fils, de Rétif, 1789)
Saint-Martin, faubourg
--4 janvier 1754, rue Cadet, répétition du
Rossignol
qui
doit être joué avec Tragiflasque, devant Mlle de Charolais
pour le théâtre du faubourg Saint-Martin,
(souper, canon). (Journal de Collé, p.389)
---4 mars 1754, ouverture du théâtre avec le prologue
de L'Espérance, suivi d'Isabelle Précepteur.
--4 avril 1754, pp.411-416 : au théâtre du faubourg Saint-Martin,
Nicaise,
suivi de Léandre étalon, suivi d' annonces et
d'un couplet dit par Collé. (Journal de Collé,
p.398-399).
Saint-Maur, château de
– propriété des Condé jusqu’à la Révolution.
Saint-Quentin, théâtre
de
Saint Ouen,
-
château de (1660- XIXe siècle)–
voir duc de Gêvres (“[Claude Sarrazin]
fit d’abord partie de la société qui jouait chez le duc de
Gesvres au château de Saint Ouen”...
puis il a débuté à la CF en 1729) (Olivier, p. 28-29)
(“[Mlle Gaussin] essaya d’abord ses talents sur le
théâtre du duc de Gesvres au château de St.-Ouen”...
puis elle a débuté le 28 avril 1731 dans le rôle de
Junie à la CF) (Olivier, p. ?) “En 1676, le bâtiment, constitué
d’un pavillon central flanqué de deux ailes, fut donné à
sa fille [fille du chancellier de Monsieur, frère de Louis XIV],
Marie-Madeleine, épouse du duc François de Gesvres. Leur
fils, à qui échut la propriété, la céda
à Madame de Pompadour qui, entre 1759 et 1764, y entreprit de nombreux
travaux. A sa mort, le château de Saint-Ouen rejoignit le patrimoine
de la famille de Gesvres. En 1782, le duc de Nivernais devint le nouveau
propriétaire du château.” (A la recherche des châteaux
disparus, p. 139) ............. ..................
............... --Gaussin (Jeanne-Catherine) « Son goût
et ses talents pour le Théâtre s’étaient manifestés
de bonne heure ; et par son jeu, ainsi que par sa beauté, elle avait
déjà fait les délices de la société
de M. le Duc de Gêvres, qui donnait des Comédies à
Saint-Ouen… » (Auteurs et Acteurs, Anecdotes dramatiques de
La Porte et Clément, p. 353).
-
"SAINT-OUEN (PETIT THÉATRE DE). St-Ouen était
la
campagne de M. Necker. Sa fille, devenue depuis célèbre
sous le nom de Mme de Staël, composa à l'âge de 12 ans,
une espèce de demi-drame, intitulé: Les Inconvénients
de la vie de Paris . Il fut représenté
dans le salon de St-Ouen par l'auteur et sa petite société,
devant les parents et en présence de Marmontel qui en
fut touché aux larmes. Le sujet est une mère qui a deux filles,
l'une élevée simplement au village, l'autre au milieu du
luxe des villes. La mère se sent entraînée vers la
plus brillante de ses deux enfants. Cette mère est ruinée,
et elle reçoit des preuves d'attachement de la part de la fille
qu'elle aimait moins: elle voit quelle était la meilleure et la
plus solide éducation." (Dinaux, II, p. 194-195).
|
Salavette, chez M. de
(“fermier-général” – voir Capon, 1902, p. xv)
(Arlequin premier ministre, de Florian)(voir aussi Gléon)
Saint-Thomas du Louvre, rue (voir Chevallier,
Gueullette)
"Après trois heures de travaux sérieux, Mme Chevallier
ouvrait son salon et on oubliait les arguties de la chicane dans
les distractions de la bonne compagnie [...] Un soir de conférence,
nos jeunes gens allèrent à la foire Saint-Laurent, ils assistèrent
à deux ou trois parades et le lendemain ils
s'amusèrent à les jouer de mémoire dans le salon de
Mme Chevallier." (Leroux-Cesbron, p. 8)
Sassenage, th. de Mme de
Sassenage, Hôtel de
--Polichinelle Lazziste [1731-1732], acte I, sc. 4 (in Histoire
et recueil des Lazzis, p. 128-129) :
« Connais-tu les audiences de Mr Luchon ? […] On y voit un peintre
qui vient le consulter pour savoir si les noces de Canada se sont faites
aux flambeaux, un poète qui travaille à la journée
qui vient lui réciter trente-cinq vers d’une tragédie qu’il
a commencé[e] pour l’hôtel de Sassenage […] »
--(Journal de la Cour et de Paris, p. 58, 29 janvier 1733) :
« M. de Pont-de-Veyle a mis les gens de condition dans le goût
de faire des comédies. M. le comte de Caylus va faire exécuter
chez Mme de Sassenage une petite pièce intitulée La Fausse
Niaise, M. le marquis de Surgères, L’Ecole du Monde,
et M. le duc d’Epernon, une autre comédie dont le titre ne se dit
point encore et n’est peut-être pas encore faite. »
--(Silvie ou la Fausse Niaise, carême 1733 -- voir Quéro,
2001, p. 141)
Scène 2 du Prologue (par le comte de Caylus) de L’Ecole du
Monde et de La Fausse Niaise (BNF, Ms F.fr. 24346, f° 308
v° et f° 309) :
-
Mme
de Sassenage
Eh bien, Mrs, que faites-vous donc là. Il y a
une heure que je vous entends causer sur les vers, sur la prose, sur vos
pièces. Il est bien temps vraiment de faire la belle conversation.
- Caylus
Me je ne crois pas qu’il soit encore temps de la commencer.
Retardons encore quelques moments. Car à vous parler vrai je me
meurs de peur.
- Mme de Sassenage
Je vous avoue que j’en suis bien aise et que je ne suis
pas fâchée de vous voir un peu souffrir pour votre chienne
de comédie que je déteste et qui m’impatiente à mourir,
mais tout le monde est placé. Quoi ! vous n’êtes pas encore
habillé !
- Surgères
Cela sera bientôt fait. Ma foi, Caylus, votre maladie
me gagne ; je commence à avoir peur.
- Caylus
Pour ma peur [elle] est toute venue, elle ne peut pas
être plus forte, je vous le jure.
- Mme de Sassenage
Allons donc, Messieurs.
- Surgères
Allons, mon ami, nous ne pouvons plus reculer.
- Caylus
Nos réflexions sont bien sensées, mais
je crains bien que comme bien d’autres elles ne soient venues sur le tard. |
--Fragment autobiographique inédit du comte de Sade cité
par M. Lever en note à une lettre au comte de Sade du 18 mai 1733
qui se termine par « Je vous prie de dire bien de jolies choses de
ma part à tout l’hôtel de Sassenage » :
« J’étais dans ce temps-là livré à
l’hôtel de Sassenage où nous jouions des comédies.
»
--Avertissement de l’édition de 1736 de La Mort de
César de Voltaire :
« Cette tragédie, qui n’a jamais été destinée
au théâtre de Paris, fut représentée, il y a
quatre ans [1733], à l’hôtel de Sassenage, et très
bien exécutée. Mais la scène de Shakespeare dans laquelle
Antoine monte à la tribune aux harangues pour faire voir au peuple
la robe sanglante de César ne put être représentée
à cause du petit espace du théâtre, qui suffisait à
peine au petit nombre d’acteurs qui jouent dans cette pièce. »
--sur M. de Sassenage acteur, voir lettre de M. Marais au Président
Bouhier du 28 octobre 1732 (Correspondance du Président Bouhier,
t. XII, p. 154-155) :
« La folie de nos gens de cour est de jouer des comédies.
Un inconnu a écrit à M. de Sade qu’il voulait donner une
fête à Mlle de Charolais, et lui a fait demander s’il y voulait
faire un rôle, et qu’il répondît oui ou non ; il a répondu
non. Pareil billet à M. de Sassenage, grand acteur, qui a aussi
répondu non. Ces deux Messieurs ont été faire leur
cour à la princesse, qui leur a dit tout d’abord qu’elle avait reçu
une lettre d’un homme qui lui voulait donner une fête sans lui dire
l’endroit, mais qu’elle n’avait qu’à venir par la porte Saint-Honoré
et qu’elle y trouverait un homme monté sur un cheval blanc qui les
mènerait au lieu de la fête et qu’elle pouvait y amener qui
elle voudrait, seigneurs et dames. »
--sur Mme de Sassenage actrice du Théâtre des Petits
Cabinets, voir Adolphe Jullien, Histoire du Théâtre
de Mme de Pompadour, Paris, 1874, passim) :
Mme de Sassenage joue la Tante dans Le Mariage fait et rompu
de Dufresny le 20 décembre 1747, Mme Pernelle dans Tartuffe
de Molière le 10 janvier 1748…
Satyricomanie (est-ce que ce nom recouvre un endroit réel?)
(La Tragédie de Zulime, de
Cailleau, André-Charles, jouée en 1762)
Saumur
[Bonardi en garnison à Saumur (1784-1786).]
« Je fus invité à passer une semaine dans
un château voisin où tout ce qu’il y avait d’aimable
au régiment et de distingué dans les environs à plusieurs
lieues à la ronde se trouvait réuni. La maîtresse de
la maison s’avisa de vouloir faire jouer des proverbes de tête. Elle
avait vraiment du talent pour ce genre, elle choisissait les acteurs, faisait
les canevas et nous les remplissions. Il est incroyable à quel point
la tête se monte quand on est en présence d’un public nombreux
et attentif et qu’on est encouragé par des applaudissements unanimes.
On me donna un rôle de niais dont je tirai un grand parti. J’étais
presque toujours en scène. Je ne conçois pas encore toutes
les bêtises qui me vinrent à l’esprit, je crois que Janot
et Brunet n’en ont jamais dit davantage. Après le spectacle, j’étais
occupé à digérer ma gloire, à savourer tous
les compliments, tous les applaudissements, tous les coups d’œil caressants
qui m’étaient adressés. » (Bonardi, p. 384-385)
Savetiers, Assemblée générale des
"Fameuse harangue faite en l'assemblée générale
de Messieurs, Messeigneurs les Savetiers. Troyes 27 mars 1731. 16 pages"
[BHVP -Ancien Fonds-Catalogue Méthodique-Série
84, cote 551 065
"Il y avait donc un Ordre des Savetiers. On remarquera que cette
réception avait lieu un lundi, qui est le dimanche ou le
jour férié de cette classe intéressante. C'est de
là qu'est venue l'expression faire le lundi des savetiers,
pour dire ne pas travailler et aller boire et s'amuser au cabaret le lundi.
// Un livret populaire souvent réimprimé, le Fameux Devoir
des Savetiers, et qui remonte à la fin du XVIIe siècle,
offre un tableau curieux de moeurs singulières qui n'existent plus
ou qui, du moins, se sont fort modifiées... M. Charles Nisard l'a
reproduit dans son Histoire des livres populaires... // Un autre
opuscule, appartenant à la même catégorie, a pour titre:
l'Arrivée du Toulousain; c'est la réception d'un
compagnon savetier; on rencontre également cette
pièce dans l'ouvrage curieux de M. Ch. Nisard, que nous
venons d'indiquer...." (Dinaux, II, p. 206-208)
TOULOUSAIN. Honneur, maître et compagnons, savates
et savatissons, s'ils y sont.
PIED-TORTU. Oui, pays, tout prêt à vous
rendre le devoir. D'où est la venue?
TOULOUSAIN. De Nantes, en Nantois.
PIED-TORTU. Chez qui avez-vous travaillé?
TOULOUSAIN. C'est chez un maître Mathieu la Grosse-Patte.
PIED-TORTU. Est-ce un brave maître?
TOULOUSAIN. Fort brave maître.
PIED-TORTU. Qu'avez-vous remarqué dans cette illustre
et fameuse boutique?
TOULOUSAIN. A main droite, il y a trois alène
épointées à manche de buis avec des viroles d'argent,
et une vieille forme mangée de vers; à main gauche, trois
brochette de la cage et la tête de la linotte que maître Juif-Errant
apprenait à siffler.
PIED-TORTU. Entre dans la boutique, dis le mot.
TOULOUSAIN. Béni soit l'arbre qui a porté
la poix!
PIED-TORTU. Vous êtes dans un carosse. Dites-moi,
pays, que signifient les jetons qui sont à notre tablier?
TOULOUSAIN. Il signifient la monnaie de Rolland le Vaillant
qui en a tué treize et quatorze d'un revers de tire-pied, qui lui
mangeait les jambes à cause qu'il avait les loups.
PIED-TORTU. Que signifie le tranchet?
TOULOUSAIN. Tranchet royal trempé par maître
Charles Besançons.
PIED-TORTU. Que signifie l'astic?
TOULOUSAIN. C'est une des dents du cheval Bayard, par
lequel est venu le commencement de la guerre et qui elle finira; il est
encore vivant dans la forêt des Ardennes.
PIED-TORTU. Dis-moi, pays, que signifie l'alène?
TOULOUSAIN. L'alène frétillante qui
a travaillé aux pantoufles du premier moutardier de Dijon.
PIED-TORTU. Maître, donnez-nous dix-huit deniers
pour faire la débauche; il faut aller chez l'ancien Gouret. Quel
salut lui ferez-vous?
TOULOUSAIN. Je lui dirai: «Honneur au pays; gardons
les secrets du désordre du temps; allons vider les pintes et les
pots.» |
(Dinaux, II, p. 207-208)
Saxe, théâtre
de Maurice de (voir aussi Chambord)
-- pendant ses campagnes militaires en Flandre, dans son camp,
et même dans celui de ses adversaires: “Maurice poussait même
la gracieuseté jusqu’à prêter sa troupe au général
ennemi. Pendant la guerre de Flandre en 1744, les deux généraux
s’étaient mis d’accord pour avoir tour à
tour des représentations théâtrales; les
comédiens passaient tout simplement d’un camp dans l’autre; on leur
fournissait une bonne escorte pour les garantir des pillards et surtout
pour préserver / de malencontre et d’accident fâcheux
la vertu si précieuse des dames de la troupe.”
(Maugras, p. 30-31)
“Chaque soir, pour distraire les soldats, il y avait grande représentation.
Quelquefois même on faisait annoncer sur la scène l’affaire
du lendemain. La veille de la bataille de Raucoux, Favart fut chargé
de composer et de débiter le couplet suivant:
Demain nous donnerons Relâche,
Quoique le directeur s’en fâche;
Vous voir comblerait nos désirs.
On doit céder tout à la gloire.
Nous ne songeons qu’à vos plaisirs,
Vous ne songez qu’à la victoire. |
Ensuite on annonça pour le surlendemain le Prix de Cithère
et les Amours grivois, qu’on représenta effectivement, ce
qui fit dire au camp que le maréchal avait préparé
le triomphe avant la victoire.” (Maugras, p. 30)
(voir aussi Verrières, Mme Favart=Chantilly,
Beauménard...)
“Marie et Geneviève [Rinteau=Verrières] étaient
admises à faire partie de la troupe de comédie du Maréchal;
on sait quelles en étaient les charges. Ceci se passait en 1745.
Marie avait à peine dix-sept ans, Geneviève près de
quinze.” (Maugras, p. 31)
Sceaux, ch. de, voir Maine
“...enfin, la comédie, sur ce petit théâtre
qui avait survécu inviolable à toutes les vicissitudes et
à toutes les décadences.” (Corr. de la marquise
du Deffand, intro.)
--«I'm writing ... to let you know of a Fuzelier link you may
not be aware of. Did you know he was involved in the
"Nuits de Sceaux" in 1702-3 ? It seems he wrote songs that Bernier
set to music, including a suite under the title "Diane et
Endymion". I haven't got enough info here to cross-check the Sceaux
refs., but this strikes me as new and interesting, first
because it puts him into Theatre de Societe very early, and second
because it adds to the little we know of his profile at the time he was
contributing to Bertrand's work.» (courriel de Barry Russell, le
18 avril 2002)
[>From BNF, Catalogue des manuscrits musicaux antérieur
à 1800 conservés au départment de la Musique. A et
B. Paris, 1999.
-910-
BERNIER, Nicolas (1664-1734)
[Cantates...]
_Cantates Francoises ou Musique de Chambre..._
...Texte des cantates 1, 3 à 6 du Livre 1er de
Bernier de Jean-Baptiste Rousseau ; celui des cantates 1 à 6 du
Livre 2 de Bernier
: de Louis Fuzelier (...) Editions: Paris, Foucault,
1703.Ms: BN Mus. [X. 961 (1-3) et L. 3747.
-917-
BERNIER, Nicolas (1664-1734)
[Diane et Endimion. Cantate..]
_Diane Et Endimion. Cantate a Deux Voix, sans Symphonie,
composée par Monsieur Bernier._ -Ms. [Ca 1703].
...Texte de Louis Fuzelier. - Daté d'après
l'édition : Paris : Foucault, 1703. Ms: BN Mus.[D.1023]
For both refs, see David Tunley, _The Eighteenth Century
French Cantata_, London, Dobson, 1974 ; p.72-90.]
--("Importuns, (les) Comédie de Malézieu, jouée
à Sceaux, 1706." -- Dictionnaire dramatique, II, 403)
--"C'est au printemps de 1714 que M. de Vaubrun imagine une «surprise»
pour varier les éternelles parties de brelan de Mme du Maine. Avec
le concours de Malezieu et de Mouret, il met sur pied un petit divertissement
joué à l'impromptu. Il consistait en une apparition de la
Nuit dans ses voiles lugubres. La Nuit faisait un compliment en vers à
la duchesse en lui remettant une «jolie lanterne», symbole
de la lumière spirituelle répandue autour d'elle au cours
de ses nuits blanches. Un suivant (qui n'était autre que la spirituelle
camériste Rose de Launay, laquelle se dépensa sans compter
pour l'organisation des Nuits) chanta un air dont les paroles étaient
de Malezieu et la musique de Mouret. Cette petite plaisanterie fut à
l'origine des célèbres Grandes Nuits..." (Voillier, p. 102-103)
"La Cinquième Nuit,
sous la royauté conjuguée de la duchesse du Maine et de Premier
Président de Mesmes, se signale par un éclat encore inconnu
juque là et prit le nom de Grande Nuit de Pavillon de l'Aurore.
(...) Le Pavillon de l'Aurore, théâtre de cette Nuit mémorable,
est une exquise construction de style Louis XIV que l'ont peut encore admirer
aujourd'hui, sise dans les jardins, et composée d'une salle ornée
d'un plafond peint par Le Brun, flanquée de deux petits cabinets."
(Voillier, p. 103-104)
Pièces représentées
à Sceaux
|
Sedaine (voir Épinay, théâtre
de la Guimard, Chaussée-d'Antin,
Trianon)
Sens voir Étiolles
Senlis
"SOCIÉTÉ DRAMATIQUE DU PRINCE DE CONDÉ.
Elle
jouait à Senlis. Préville en faisait partie. Le prince de
Condé représentait Michaud [Cette phrase sans transition
semble référer à une représentation de la Partie
de chasse de Henri IV]. // Ce prince aimait singulièrement la
comédie. Quand il avait une répétition, il quittait
la chasse au milieu d'un halali superbe, et laissait là bêtes,
chiens, chasseurs et piqueurs. Il partait au galop. «Je ne veux pas
faire attendre mes camarades; allons! s'écriait-il, messieurs, allons,
ceux qui sont de la répétition!»." (Dinaux, I, p. 180-181).
“Société, en” (nombre
indéterminé de sociétés non spécifiées,
par ordre chronologique)
Lieudé De Sepmanville, C. A., La Fête de Minerve ou
le temple de l'amitié, 1759 (Brenner)
M.D.A. "24 Novembre [1766]. M.D.A. vient de faire imprimer Arménide,
ou el[sic] triomphe de la Constance, Poëme Dramati-tragi-comique,
en cinq actes, en vers Alexandrins. (...) Il a été joué
en société, & l'on assure qu'il a produit de très
grands effets." (Bachaumont, III, 101).
Marion De Salins, Pierre, L'Heureuse pêche, 1767
(Brenner)
Le Prieur, Candide, 1769 (selon Brenner)
Martin, La Vérité renaissante, publ. en
1775
Mayeur De Saint-Paul, La Menuisière ou les importuns,
1779
Mayeur De Saint-Paul, L'Enigme devinée, 1780
Mayeur De Saint-Paul, Le Père crédule, 1780
Mayeur De Saint-Paul, Les Traineaux, 1780
Mayeur De Saint-Paul, L'Amant imaginaire, 1785
Lenoir, Les Amis du temps passé, 1785 (selon Brenner)
Mayeur De Saint-Paul, La Fidélité à la
mode ou la femme rusée, 1786
Mayeur De Saint-Paul, L'Infortune ou les malheurs de la constance,
“drame
lyrique”, 1786
Linières, comte de, Le Bourgeois comédien
et Pénélope, 23 mai, 1786 (Brenner) |
Soindre, château de (Fête
paysan-sic, anonyme, 1734)
Soisy, petite maison de (voir duc de Villeroy)
Soissons, chez l’intendant
de (Les Bergers de l'Aisne, de Roy, 23 septembre 1744)
Soissons, hôtel de
(La Création du monde, spectacle pieux, 1743)
Soubise, chez
le prince de (rue de la Victoire)
“Monsieur le prince de Soubise, alors amant en titre de Mlle
Dervieux, danseuse d’Opéra, fit en 1770, l’acquisition
de terrains sur la rue de la Victoire et d’après les desseins de
Brongniart, on construisit sur cet emplacement un merveilleux
petit hôtel, situé entre cour et jardin, décoré
sur les deux faces; celle du côté de la cour, d’ordonnance
corinthienne et l’autre, donnant sur le jardin, formait un avant
corps de forme sphérique dont l’attique se rehaussait d’un bas-relief,
véritable chef-d’oeuvre artistique. M. Bellanger, premier architecte
du comte d’Artois, chargé du jardin, en avait fait une promenade
pittoresque offrant des sîtes (sic) agréables.
M. le prince de Soubise à cette époque, se mettait
en frais pour ces demoiselles et ses dépenses devaient monter considérablement
si l’on en juge par cet aperçu de compte: «M. de Soubise vient
de faire un arrangement avec Mlle Audinot...; il fait le même marché
avec la Dervieux. Il n’y a que Mlles Costé et Guimard
à
qui il donne 3.000 liv.»” (Capon, 1902, p. 100)
(rue de l’Arcade)
“Au no 12 de cette rue, le prince de Soubise possédait un hôtel
lui servant d’annexe et de petite maison, dans lequel il entretenait
un véritable sérail peuplé de charmantes houris.”
(Capon, 1902. 104)
“La vie de débauche et de luxure que le prince menait dans cet
hôtel, lui valut un pamphlet sous forme de lettre à
propos du rôle indifférent qu’il joua dans la banqueroute
du prince de Gniménée son petit-fils; en voici un extrait:
«En vain par vos larmes hypocrites vous avez paru vous montrer sensible
à mes malheurs; en vain vous vous êtes pendant quelque temps
éclipsé d’un théâtre,
sanctuaire de vos plaisirs; et auquel vous reparaissez en sultan vétéran....»”
(Capon, 1902. p. 105)
Soupers des Quinze livres, société des "Charles-Antoine
Coypel [1694-1752]... fut le centre, le charme et le lien de la Société
du Souper des Quinze livres, ainsi appelée parce qu'il n'était
pas permis d'y dépenser plus que ce prix." Les membres: Caylus,
De Calvière, Freret, De Mirabeau, De Foncemagne, abbé de
Rothelin, De Bougainville, Larguillère, Rigaud, Fagon, Hélvétius,
Marivaux, Mme Doublet, Mme Le Marchand, Mlle Quinault. (Dinaux, II, p.
388-389).
Soyecourt, Hôtel de
(dans faubourg Saint-Honoré)
(voir Clarétie, chapitre VI, les théâtres
de Voltaire)
Spa
"BOBELINS, (LE ROI DES). On appelle Bobelin le
buveur d'eau qui fréquente les fontaines de Spa; comme divertissement,
on a souvent créé et nommé Roi des Bobelins
celui des buveurs qui montrait le plus d'entrain et qui semblait capable
de faire les honneurs du lieu aux étrangers et de diriger les promenades
et les plaisirs des habitués durant toute une saison. On a fait
de cette royauté et de ceux qui la reconnaissaient, une sorte de
confrérie burlesque et récérative qui avait ses lois
et ses règlements. (...) // Il existe une pièce devenue rare
[représentée?]: Les
Amours de Fontamorose, roi des Bobelins, ou le Fat par excellence,
comédie en prose et en vers (par Gullence). Bollen, 1791, in-8"
(Dinaux, I, p. 100-101).
Limbourg, J. Philippe de, Les Amours du Pouhon, 23 juillet
1766 (public ou de société?)
Mme de Genlis, L'aveugle de Spa, 3 septembre 1789 (public ou
de société?)
Staël, Madame de (fille Necker) (voir Saint-Ouen)
Strasbourg
"Hymen et l'amour, (l') Pastorale en un Acte, en vers libres,
par M. l'Abbé de la Porte, représentée
à Strasbourg à l'occasion du Mariage du Prince
de Soubise avec Mademoiselle de Carignan, 1741." (Dictionnaire dramatique,
II, 401)
Sulli, ou Sully-sur-Loire château de (propriété
de Joseph de Corsembleu)
(d'après Olivier, une troupe
d'amateurs y jouait vers 1719-1720)
«C'est dans celle [la grande salle] du château de Sully-sur-Loire
que Voltaire présente une Artémise lors de son séjour
en 1719....» (Mark Girouard, La Vie dans les châteaux français,
p. 204)
Sully, hôtel de (appartient à
M. de Sully) - résidence du président Hénault
entre 1720 et 1730
Surênes, représentation
de L’Impromptu de Surêne, Dancourt, 2 mai 1713
Surgères, marquis de (gendre du comte de Morville,
auteur de L'Ecole du monde) |