FRE 335F
Teaching and Learning French with New Technology

Section LEC0101

2009-2010

Notes de la semaine 3

Apports de l'informatique à l'enseignement-apprentissage des langues /
Intégration de l'informatique dans l'enseignement-apprentissage des langues

1. Notes sur : M. Pothier et al., "Les outils multimédia d´aide à l´apprentissage des langues : de l´évaluation à la réflexion prospective" (ALSIC, juin 2000)

Cet article représente un bon modèle d'évaluation (à partir d'une évaluation du logiciel Camille) : Introduction et Méthodologie ; Analyses des différents aspects particuliers ; Conclusion. (+ notes et références).

But de l'article : Mesurer l'apport des TIC dans différents domaines de l'apprentissage des langues.

=> (RW) Inexactitude du terme "compréhension orale et écrite" : il s'agit en fait de la compréhension de l'oral (autrement dite la compréhension auditive) et de la compréhension de l'écrit (autrement dite la lecture).

Le lexique anglais de la dénomination des quatre actes langagiers
ActionAgentActe
listenlistenerlistening
speakspeakerspeaking
readreaderreading
writewriterwriting

=> L'anglais est lexicalement et morpholigiquement simple et systématique.

Le lexique français de la dénomination des quatre actes langagiers
ActionAgentActe
écouter(*écouteur/écouteuse)
auditeur/auditrice
écoute
parler(*parleur/parleuse)
locuteur/locutrice
parole
lire(*liseur/liseuse)
lecteur/lectrice
lecture
écrire(*écrivain/écrivaine)
scripteur/scripteuse/scripteure
(*écriture)
rédaction

=> Le français est lexicalement et morpholigiquement complexe et défectif :
• Pour l'agent, on recourt à des formes savantes (auditeur..., locuteur..., lecteur..., scripteur...).
• Le mot scripteur/scripteuse est limité au lexique technique des didacticiens.
• Pour l'acte, on a un mélange de noms dérivés du verbe de base (écoute, parole), d'un nom de forme savante (lecture) et d'un nom dérivé (rédaction) d'un verbe synonyme (rédiger) du verbe d'action (écrire).

Les quatre actes, autrement dits les quatre habiletés langagières, ont en français une dénomination variable.

écouter => l'écoute, la compréhension de l'oral, la compréhension auditive
parler => la parole, l'expression orale
lire => la lecture, la compréhension de l'écrit
écrire => la rédaction, l'expression écrite

On peut noter que les didacticiens et les pédagogues ont tendance à parler de production, plutôt que d'expression. Du point de vue de la linguistique, le terme d'expression est préférable et plus exact.

(Pothier)
Évaluation des intentions et des représentations des auteurs du logiciel vs. l'utilisation réelle effectuée.

Prise en compte des variables individuelles : âge, sexe, nationalité, etc. Prise en compte aussi a) des réactions des usagers en leur demandant de verbaliser ou d'expliquer leurs actions et b) de leurs motivations pour l'apprentissage du français.

Les trois termes d'une observation : l'observateur, l'observé et l'observation.

Certains apprenants peuvent être gênés, d'autres encouragés, par la présence d'un assistant (ou professeur, moniteur, etc.) – influence de l'observateur sur l'observation.

Prise en compte de la fréquence d'utilisation des aides audio (utilitaires) et de la façon de s'en servir.

Constatation du manque de rapport direct entre le comportement de l'apprenant et les résultats obtenus. À l'idée simpliste du "bon apprenant", il faut opposer la réalité de la variété de stratégies d'apprentissage – chaque apprenant adopte les techniques qui lui conviennent le mieux. Chacun, en fonction de diverses caractéristiques, utilise ce qui correspond le mieux à sa personnalité, à son style d'apprentissage, voire à sa culture d'apprentissage. Il n'existe pas de bonnes ou mauvaises stratégies. Certains aiment la logique et l'analyse ; d'autres fonctionnent de manière plus intuitive et globale. Des stratégies en tous points opposées peuvent aboutir à des résultats similaires.

Il en va de même de l'autonomie (le travail indépendant) : celle-ci est à construire, pas à préscrire ou imposer. Quelles sont, pour une tâche donnée, les aides qui sont imposées, lesquelles sont simplement mises à disposition? Dans la classe, la solution autoritaire n'est déjà guère acceptée, mais elle l'est encore moins devant un ordinateur que l'apprenant peut impunément quitter à sa guise.

Une aide particulière dans le domaine du lexique : les hypermots et les réseaux lexicaux.

=> (RW)

=> (RW) Quelques remarques sur les réseaux lexicaux et les hypermots

 1435  de
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   34  amiral
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   34  fois
   34  maison
   34  toujours
   33  concarneau
   33  eu
   33  oui
   33  t
   33  vu
   32  air
   31  autres
   31  chose
   31  coup
   31  femme
   31  fut
   31  main
   31  peur
   31  regarda
   31  très
   31  yeux

Liste de fréquences du Chien jaune de Georges Simenon (f =/> 31)

 

2. Notes sur : F. Mangenot, "Classification des apports d'Internet à l'apprentissage des langues" (ALSIC, déc. 1998)

Deux types principaux : informations -> tâches ; communication -> projets.

=> (RW) Faute : La première occurrence de "1. Internet comme source d'informations" devrait être soit "0. Introduction", soit rien.

Autre préoccupation : l'intégration de ces nouveaux supports dans les situations d'apprentissage (cf. Barr).

Cite Belisle 1998 : "pour qu'il y ait apprentissage, il ne suffit pas d'ouvrir des fenêtres, de parcourir des hyperespaces, de naviguer dans des cédéroms multimédia, de dialoguer avec un programme intelligent. Encore faut-il que l'ensemble de ces opérations soit piloté par un sujet en quête d'informations afin de réaliser un but d'apprentissage, lequel s'insère dans un projet social."

Le rôle de la tâche : tâche linguistique réellement profitable ; données riches et authentiques ; activités d'un bon niveau cognitif (pertinence, problématique, créativité). Elle doit faciliter l'exploration, permettre la construction d'un sens et l'évaluation de ce qui aura été compris et retenu.

La tâche aura d'autant plus de succès qu'elle comprendra des activités intéressantes car ouvertes et un mélange de linguistique et de non-linguistique (pragmatique), c'est-à-dire interdisciplinaire (cf. le site de la Bibliothèque nationale de France).

Pour être efficaces, les activités réalisées en autonomie doivent être liées aux activités réalisées lors de regroupements d'apprenants avec un enseignant.

La liste des atouts d'Internet établie par Martel (1998) comprend : l'interculturel ; la collaboration ; la multiplicité des média (texte, image, son...) ; l'autonomisation ; l'apprentissage ludique ; la simulation ; la communication authentique.

Pour la recherche de données par les apprenants, la Toile, avec sa richesse et ses puissants moteurs de recherche, offre un atout non négligeable, à la condition bien sûr de savoir se servir de ces outils.

Les activités proposées sur le réseau, par certains sites pédagogiques, présenteront d'autant plus d'intérêt qu'elles demanderont d'aller rechercher des données sur d'autres sites.

La communication. Selon RESCOL (Réseau scolaire canadien) : "Internet, parce qu'il permet une communication à la fois globale et immédiate, redonne aux étudiants l'occasion de redécouvrir le plaisir de l'écriture."

Les salons de bavardage (on dit aussi "les chats"). Les forums de discussion. Le courriel. => (RW) le texto et le langage texto (ex. fr. mdr "mort de rire" = ang. lol "laugh out loud").

Projets d'écriture collective, soit en temps réel, soit en différé. La publication : selon Guédon (1997) "la Toile démocratise la possibilité de publier à un degré qui n'aurait jamais pu être envisagé dans le monde de l'imprimé".

Exemple du roman collectif international L'immeuble rue Lamarck, dont on peut lire les objectifs et les résultats sur la page "Un exemple de réalisation pédagogique sur internet : Création d'un roman collectif international". (L'article de Mangenot parle de ce projet et donne un lien vers la même page.)

Intégration des TIC dans l'enseignement. R. Bibeau (1998), du Ministère de l'éducation du Québec : "on ne devrait pas avoir pour projet d'intégrer les technologies de l'information à l'école, mais plutôt de transformer la pratique pédagogique de l'école."

Pour que l'intégration ait lieu, il faut, d'une part que les enseignants acceptent de "remettre en question leurs croyances pédagogiques" (professeur comme unique source de savoirs, pratique de la classe organisée autour de la parole du maître), d'autre part que "les gestionnaires soient disposés à apporter des changements structurels dans le milieu de travail des enseignants qui ont pris la voie du renouveau" (Haymore et al., 1997). Ce dernier point est particulièrement important en ce qui concerne l'utilisation d'Internet dans le système éducatif : il semble en effet difficile d'utiliser ces nouvelles ressources sans envisager le moindre changement des "conditions d'organisation spatiale et temporelle de l'enseignement" (Liautard, 1997).

3. D. Barr, ICT - Integrating Computers in Teaching

Section consacrée au "CALL" (pp. 32-37) = "Computer-Assisted Language Learning". C'est un sigle connu en anglais, compris aussi en français, lequel n'a pas de sigle unique généralement accepté quoiqu'on l'appelle assez souvent "ELAO" (= "enseignement des langues assisté par ordinateur").