FRE 335F
Teaching and Learning French with New Technology

Section LEC0101

2009-2010

Notes de la semaine 7

Stratégies d'apprentissage
Apprentissage en groupe, apprentissage indépendant
Stratégies de découverte

Janet Atlan, "L’utilisation des stratégies d’apprentissage d'une langue dans un environnement des TICE" (ALSIC, juin 2000)

Phrases et notions clés

Introduction 1. Les différences individuelles en apprentissage des langues 2. Les stratégies d’apprentissage 3. Les attributs des TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement) 4. L’étude expérimentale => 4.2. Résultats 4.3. Interprétation des résultats 5. Implications pour la pédagogie des langues

Apprentissage en groupe, apprentissage indépendant

L'article d'Atlan tient implicitement compte de l'opposition apprentissage en groupe vs. apprentissage indépendant, puisque les stratégies d'apprentissage varient selon l'individu. Par groupe, nous entendons la classe, l'apprentissage qui se fait par l'ensemble des apprenants en salle de classe (comme c'est le cas ici et en ce moment du cours FRE 335), ou les sous-groupes d'une classe (groupes de conversation dans un cours de langue, par exemple) ; par apprentissage indépendant, nous entendons le travail individuel que fait l'apprenant à la bibliothèque ou chez lui devant son manuel, ses notes ou son ordinateur (comme c'est le cas du cours FRE 335 quand vous faites un forum ou le projet individuel ou une lecture des notes).

On peut considérer les deux types d'apprentissage du point de vue des habiletés langagières dans le contexte de l'apprentissage d'une langue seconde. Quelles habiletés sont essentiellement indépendantes, lesquelles sont essentiellement sociales (apprentissage en groupe)? On peut résumer les réponses à ces questions ainsi :
• Écoute (ou compréhension de l'oral). L'acte d'écoute se fait essentiellement en autonomie ; la première compréhension se fait de la même façon ; on arrive mieux à une bonne compréhension en faisant des activités sociales (questions et explications de l'enseignant, discussion entre apprenants).
• Expression orale. Cette activité n'a de sens que dans un contexte social : on parle à quelqu'un (un interlocuteur), dont le feedback est important (sourire, hochement de la tête, répliques, etc.). Parler à une machine, c'est à la longue devenir machine soi-même. (À noter que dans le cas de l'apprentissage d'une langue seconde, un interlocuteur non natif est incapable de fournir un feedback efficace.)
• Lecture (ou compréhension de l'écrit). Comme c'est le cas de l'autre type de compréhension (l'écoute), la première compréhension se fait en autonomie (mots ou expressions connus, compréhension d'après le contexte). L'affinement de la compréhension peut se faire en partie en autonomie (consultation du dictionnaire ou du Web), en partie à travers des activités sociales, les mêmes que pour l'écoute (cf. ci-dessus).
• Expression écrite. C'est l'activité la plus solitaire. Si on écrit en classe, on s'isole des autres apprenants et on travaille en silence. On peut écrire en silence dans un endroit comme une bibliothèque, mais généralement l'endroit où on écrit le plus c'est chez soi, dans un monde personnel comme sa chambre si on vit avec d'autres. Le seul aspect social, ce n'est pas le groupe mais l'enseignant qui lit ce qu'on a écrit et qui le commente. (Il y a les contre-exemples de la rédaction collective (cf. le roman L'immeuble rue Lamarck mentionné dans les notes de la semaine 5) ou des blogs et chats en ligne, mais ceux-ci favorisent l'utilisation du langage texto et l'expression en langue première).

Stratégies de découverte

Les stratégies de découverte sont bien différentes des stratégies d'apprentissage telles qu'elles sont décrites par Atlan. Elles concernent l'utilisation appropriée des ressources qu'on a à sa disposition. Les principales ressources dont on peut disposer normalement sont : le dictionnaire imprimé, le Web et le sujet parlant natif. On a normalement un bon dictionnaire imprimé chez soi, mais quand on voyage on se contente souvent d'un dictionnaire de poche rudimentaire. Chez soi on a normalement accès à Internet, donc au Web, mais quand on voyage l'accès à Internet est souvent occasionnel ou réduit. Chez soi on n'a pas normalement un accès facile à un sujet parlant natif ; c'est quand on voyage que l'on a un meilleur accès à des sujets parlants natifs.

Situation 1 : on rencontre, dans un texte écrit, un mot ou expression que l'on ne connaît pas ou que l'on connaît mal, un mot ou expression que le contexte n'éclaire pas suffisamment. Selon les circonstances, on essaie de résoudre le problème en se référant au dictionnaire imprimé ou au Web ou au sujet parlant natif.

Stuation 2 : on entend, dans un texte oral, un mot ou expression que l'on ne connaît pas ou que l'on connaît mal, un mot ou expression que le contexte n'éclaire pas suffisamment.
• Le dictionnaire imprimé demande qu'on connaisse la forme écrite du mot ou expression ou que l'on connaisse suffisamment les règles orthoépiques (celles qui concernent le rapport entre le code écrit et le code oral) de la langue cible (dans notre cas, il s'agit du français) pour deviner sa graphie probable. Parmi ces règles, il faut se rappeler que tout mot oral commençant par une voyelle peut avoir une forme graphique commençant par la lettre "h".
• Le Web peut réduire le problème de la devinette mentionnée ci-dessus avec des ressources comme Orthonet ou Le Petit Robert sur CD-ROM, qui permettent la recherche de séquences phonétiques.
• Le sujet parlant natif reconnaîtra normalement une séquence orale, mais ne saura pas toujours (facteur du niveau de ses études) la bonne graphie.

Le forum sur les stratégies de découverte nous permettra d'approfondir des cas précis.