FRE 345H5 Teaching and Learning French Since the 1970s

Corrigé du test du 10 février 2010

Remarques de synthèse.
1. Les questions 2 et 3 étaient relativement simples ; pour y répondre, il suffisait d'avoir fait une bonne révision, d'avoir une bonne mémoire, d'organiser ses idées et de les exprimer clairement. En revanche, la question 1, en plus des qualités requises pour les autres questions, demandait une certaine réflexion et un bon usage de facultés d'observation, d'analyse et de raisonnement logique.
2. Les questions 2 et 3 vous demandaient de traiter de faits objectifs et non d'avancer des opinions personnelles (seule la troisième personne est autorisée.).
3. Notes moyennes : Q1 = 34,23 ; Q2 = 18,55 ; Q3 = 17,48 ; note globale = 70,26%.
4. Réfléchissez (et prenez des notes) avant d'écrire. La qualité vaut toujours mieux que la quantité. La concision, la pertinence et la clarté sont des vertus.
(Nota. En principe, la plupart des notes pour le projet individuel seront supérieures aux notes de test. À vous de confirmer cette tendance !)

Q1Q2Q3

 

1. (50%) Examen critique d'un extrait de manuel. Dans un document à part vous trouverez des éléments tirés d'un module sur "Le temps et ses cycles" contenu dans un manuel utilisé dans un cours de français de première année d'université. Répondez aux questions suivantes :
a) [10 points] L'extrait illustre deux approches caractéristiques des trois ou quatre dernières décennies. Quelles sont ces approches ?
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    L'approche audio-linguale / behavioriste / structuraliste et l'approche communicative.

    (Nota : a) la méthode dite grammaire-traduction a disparu vers la fin des années 1960 au profit de l'approche audio-linguale ou structuraliste ; seules les approches audio-linguale/structuraliste et communicative sont caractéristiques des trois ou quatre dernières décennies ; de plus, la formulation de la question 1b exclut logiquement la méthode grammaire-traduction comme possibilité ;
    b) (RW) personnellement, je préfère le terme approche structuraliste aux autres (approche audio-linguale, approche behavioriste) ; pour cette raison, dans la suite du corrigé j'utilise seulement ce terme, tout en acceptant les deux autres.)

b) [8] Donnez les mots ou expressions clés de ces approches. (Modèle. Les mots/expressions clés de la méthode grammaire-traduction sont : langue écrite, textes littéraires, traduction, grammaire et vocabulaire formels.)
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    Approche structuraliste forme formel textes préfabriqués automatismes,
    exercices structuraux
    langue orale
    Approche communicative contenu / fond expérientiel textes authentiques communication,
    jeux de rôle
    langue orale et écrite

    (Attention : le modèle indique qu'il s'agit des propriétés générales des approches et non de mots ou expressions contenus dans l'extrait.)

c) [8] Quelle est l'approche dominante de l'extrait ?
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    L'approche communicative.

d) [8] Indiquez en les expliquant les éléments caractéristiques de l'approche dominante.
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    Caractéristiques de l'approche communicative sont :
    • Les exercices expérientiels comme : "Parlez à votre partenaire des résolutions..." (rubrique "Et vous ?" sous "Lexique") ; "Utilisez-vous beaucoup le calendrier ?" (rubrique "À première vue" sous "Dossier") ; "À votre avis quel sera le changement principal..." (rubrique "Expression écrite" sous "Récapitulation").
    • L'exercice de contenu (compréhension) "Faites une liste..." (rubrique "Débrouillez-vous !" sous "Dossier").
    • L'exercice "En France le calendrier révolutionnaire..." (rubrique "Discutons" sous "Dossier") porte sur la forme (forme des mots) mais donne lieu à une discussion libre plutôt qu'à un exercice structural ; il est plus caractéristique de l'approche communicative que de l'approche structuraliste.
    • Les textes authentiques (articles de journaux, horoscope, poèmes, publicité) de la section "Dossier".

e) [8] Indiquez en les expliquant les éléments caractéristiques de l'autre approche.
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    Caractéristiques de l'approche structuraliste sont :
    • L'exercice "Alain n'aime pas ranger ses vêtements..." (rubrique "Le mot juste" sous "Lexique") : l'aspect expérientiel concernant les vêtements que l'on met à différentes saisons est subordonné à la construction de phrases conformes au modèle (exercice structural) et à la compétence prépositionnelle (au printemps, en été...) ; en plus, "Alain" est un personnage fictif, non réel.
    • L'exercice "Utilisez un verbe (ou une expression) + infinitif..." (rubrique "Le mot juste" sous "Rappels grammaticaux") est du pur structuralisme : il s'agit d'obéir docilement à l'injonction de construire des phrases conformes au modèle, même si on n'a pas de mère, que l'on n'aime pas la bière, que l'on n'ait jamais vu d'astrologue, qu'on ne connaisse pas de Sophie, qu'on n'ait pas d'ami marocain ou qu'on reste sceptique devant l'assertion que les étudiants obéissent toujours à leur professeur.

f) [8] Donnez, en justifiant votre réponse, la date de publication approximative du manuel.
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    Puisque deux des textes de lecture datent de 1992 (articles de journaux publiés respectivement en décembre et en septembre 1992), le manuel aurait été publié au plus tôt en 1993.
    Puisqu'on demande à l'apprenant de parler du troisième millénaire comme un temps à venir (rubrique "Expression écrite" sous "Récapitulation"), le manuel aurait été publié au plus tard en 1999 (voire à la limite dans les toutes premières années du troisième millénaire – mais il ne faut pas oublier que l'authenticité des textes de lecture dépend en partie de leur "contemporanéité").
    Le manuel aurait donc été publié entre 1993 et 1999.

 

2. (25%) Donnez un bref portrait des grandes lignes des raisons et événements politiques et sociaux motivant la naissance des programmes d'immersion française au Québec et au Canada anglais.
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    La Révolution tranquille des années 1960 au Québec a été marquée par un certain nombre de mesures touchant la société et le monde du travail, notamment dans les domaines de la langue et de l'éducation. L'État (c'est-à-dire le gouvernement du Québec) a créé un ministère de l'Éducation et a fait voter une loi (la Loi pour promouvoir la langue française au Québec) établissant les conditions pour favoriser l'utilisation du français comme langue de travail et des affaires. Puis, dans les années 1970, une autre loi (la Loi sur la langue officielle) a établi le français comme seule langue officielle de la province et aussi comme langue d'enseignement ; elle a été suivie par une charte (la Charte de la langue française) renforçant le statut du français au Québec dans plusieurs domaines dont l'enseignement. À la fin des années 1960, une loi fédérale (la Loi sur les langues officielles) avait fait de l'anglais et du français les deux langues officielles du Canada.

    Des programmes d'immersion française ont commencé à voir le jour dès les années 1960, notamment dans les quartiers protestants anglophones de Montréal et aussi dans la French School de Toronto. Le statut grandissant du français au Canada, aidé par des financements fédéraux, a favorisé l'expansion de ces programmes dans toutes les provinces du pays.

    (Cf. Chantal Hébert, "Standing on guard for linguistic duality", The Toronto Star, 22 février 2010.)
    (Il est intéressant de noter que les deux langues officielles des Jeux olympiques sont le français et l'anglais.)
    (Nota : en français, on dit la politique (= angl. politics).)

 

3. (25%) D'après les résultats majoritaires des études qui ont été publiées, indiquez, en les expliquant au besoin, les points positifs et les points négatifs des programmes d'immersion française au Canada anglais.
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    Les points positifs des programmes d'immersion française au Canada anglais :
    • Les apprenants acquièrent une bonne compétence communicative en L2, surtout à l'oral.
    • Ils arrivent à un bon niveau de compréhension (compréhension de l'oral et de l'écrit).
    • Ils ont une meilleure maîtrise générale du français que les élèves qui sont inscrits dans des programmes traditionnels.
    • Les élèves ayant des troubles d'apprentissage apprennent mieux le français dans un programme d'immersion (cadre naturel) que dans des cours traditionnels (cadre formel).
    • Ces programmes conduisent à un bilinguisme additif : maintien (voire enrichissement)) de L1 et de sa culture et maîtrise des matières scolaires enseignées en L2.
    • Le bilinguisme aurait des effets positifs sur le développement cognitif.
    • Le maniement de deux langues augmente la compétence métalinguistique (conscience du fonctionnement du code linguistique).
    • La grande majorité des élèves ont une attitude positive envers l'immersion.

    Les points négatifs des programmes d'immersion française au Canada anglais :
    • Quelques faiblesses en matière d'expression (orale et écrite), de grammaire et de vocabulaire.
    • Création d'une interlangue (interférence de L1 dans L2) et fossilisation des fautes.
    • Non-maîtrise d'une compétence idiomatique (la langue acquise est plutôt scolaire), menant à un...
    • Échec sur le plan de la compétence interculturelle (appelée aussi "compétence extralinguistique" ou "compétence pragmatique" : l'apprenant a du mal à fonctionner en milieu francophone).
    • Non-maîtrise d'une compétence socio-linguistique (dont un sur-emploi de tu).

    Ajoutons :
    • Les résultats concernant l'immersion précoce sont relativement meilleurs que ceux concernant l'immersion tardive.