5.CONLUSION

       Le Web est une mine de ressources qui permet au tarducteur non seulement de traduire des termes, mais aussi de comparer l'usage de ces termes dans des contextes différents de façon rapide et efficace (si l'on suit de "bonnes" stratégies de recherche et si l'on se fie à de "bons" sites).  Pourtant, il ne faut pas mettre tout sur les épaules de pauvre Google, parce que ce n'est qu'un outil.

       Une seule analyse n'est pas suffisant pour déterminer qui utilise quelle terminologie dans quel contexte, mais il y a quelques pistes qui émergent. D'abord on voit qu'il existe plus de termes en anglais qu'en français (d'après le Web, et nous avons déjà parlé de l'avance du monde anglophone dans ce domaine). Pour ce qui concerne la terminologie, le terme le plus répandu est sociolinguistics/sociolinguistique (129 000 hits vs. 15 700 résultats). Celui-ci semble couvrir le monde anglophone et francophone. Pourtant, quelques-uns des autres termes de l'approche sociologique sont plus spécifiques à un pays/une région. Par exemple, sociological linguistics/linguistique sociologique semble venir de la Russie, tandis que linguistic sociology/sociologie linguistique semble être plus utilisé en Asie. L'approche anthropologique semble être plus accepté en Amérique du Nord, tandis que l'approche ethnographique a ses origines en Europe. Je tiens toujours à mon idée (rève) de revitaliser le terme ethnolinguistique et trouver un équilibre, parce que parmi tous les termes analysés, c'est le seul avec une maigre différence entre les deux langues (4620 hits vs. 3360 résultats).

       La question d'utiliser ces termes comme synonymes ou d'essayer de discerner les concepts de base demeure une question ouverte.  Que ça soit à l'Université Laval ou à Murdoch University les termes sont mélangés parce qu'ils sont trop reliés (quelqu'un qui parle de linguistic anthropology utilise anthropological linguistics deux lignes plus loin; ou bien on trouve un labo d'ethno-sociolinguistique, etc...)  L'interdisciplinarité de ce domaine fait qu'on veut toujours incorporer d'autres approches et ça se reflète dans la terminologie. Peut-être que la meilleure conclusion c'est que ces termes ne sont que des mots-clés, au lieu d'une terminologie fixe. Néanmoins, la question de Shakespeare sera toujours valable.

       De toute façon c'est grâce au Web que j'ai pu faire un premier survol de cette question, et j'ai même trouvé des âmes soeurs!
Elisabeth VILAYLECK, dans son article "L'étude des noms de plantes en créole martiniquais comme champ d'interférences ethnolinguitiques" trouve que:
"[...] certains anthropologues ont souhaité une approche globale des phénomènes humains; sont apparues alors toute une série de dénominations mal définies, telle que: sociologie du langage, sociolinguistique, anthropologie linguistique, linguistique anthropologique."

Et Jean-François DEGREMONT, qui dit dans l'indrocution à sa thèse (http://perso.club-internet.fr/vadeker/corpus/degremont/introduction.htm):
[...]
Je découvrais que, depuis longtemps, les rapports entre le langage d'une part et, de l'autre, la société, ou la culture, ou le comportement était un thème majeur de la recherche qui avait été abordé par les maîtres de la linguistique, la sociologie ou la philosophie. Une approche à partir des interrogations issues des recherches en informatique s'était également développée, bien que ce ne soit, pour des raisons évidentes, qu'un phénomène beaucoup plus récent. Parti avec un rêve unificateur (mais quel jeune étudiant ne rêve pas de découvrir l'équation du monde...), je devais rapidement m'apercevoir que malgré la qualité des esprits qui s'étaient interrogés sur ces rapports entre langage et société, culture ou comportement, aucun accord n'avait pu s'établir et on pouvait même dire, suivant [Ducrot et Todorov 1979], que l'on se trouve ici "en face d'un ensemble de recherches et de propositions dont l'incohérence se reflète jusque dans la multitude des appellations : sociologie du langage, sociolinguistique, ethnolinguistique, anthropologie linguistique, linguistique anthropologique, etc.", plutôt qu'en face d'une discipline unique. [...]