Les raisons pour lesquelles je choisirai "Sourimousse bonhomme de neige" au lieu de "Cendrillon"

 

Pour de multiples raisons, mon choix se porterait sur la lecture de l'histoire de Sourimousse plutôt que celle de Cendrillon. D'abord, l'histoire de Sourimousse est très courte, elle comporte seize phrases en seize pages. Je pense que l'histoire de Cendrillon est vraiment trop longue pour ces élèves qui débutent leur apprentissage du français. Cette histoire est deux fois plus longue que l'histoire de Sourimousse et il n'y a pas beaucoup d'images pour illustrer les actions. Comme le vocabulaire de l'élève est assez limité, il va rapidement perdre intérêt à l'histoire. L'histoire est de plus comme un récit et il n'y a pas de dialogue pour rendre l'histoire vivante.

Les didacticiens préconisent l'approche communicative dans l'enseignement de la langue seconde car le but de l'enseignement d'une langue seconde est d'abord de rendre l'apprenant fonctionnel dans cette langue seconde. "Apprendre une langue, c'est apprendre à communiquer et [...] ce sont les besoins de communication de l'apprenant qui devront dicter les choix des pratiques pédagogiques ainsi que des contenus à présenter" (Cornaire, 1991 : 8). Comme le passé simple est rarement utilisé pour la communication de tous les jours, l'histoire de Sourimousse est plus appropriée car le présent est utilisé (Bescherelle, 1990 : 25). Comme dans tout conte, l'histoire de "Cendrillon", elle, est racontée au passé simple.

Ensuite, l'histoire de Sourimousse correspond bien avec la réalité de la clientèle choisie. La familiarité avec le sujet contribuerait à rendre cette histoire attrayante aux enfants. Les enfants de cet âge s'intéressent à tout ce qu'ils pourraient faire un jour de neige. La souris vit une aventure qui pourrait arriver à n'importe quel petit Canadien et à n'importe quelle petite Canadienne de six ans en hiver.

Quant à l'histoire de Cendrillon, elle ne correspond pas au vécu d'un enfant. L'enfant d'aujourd'hui ne voit pas dans sa vie quotidienne de "carrosse", "pantoufles de vair", "bal". Comme l'histoire est dans la langue seconde de l'élève ce serait vraiment difficile pour l'enseignant d'expliquer ou de traduire certains concepts à ces élèves de six ans. Le petit anglophone, ayant fréquenté une école de l'immersion française pendant environ un an, n'aurait pas acquis encore assez de vocabulaire (Ministère de l'éducation de l'Ontario, 2001).

De plus, le livre de Sourimousse est aussi très bien illustré : les dessins occupent beaucoup plus de place que les mots sur la page. Si un élève veut reprendre le livre pour une "lecture" individuelle, il n'aurait aucune difficulté à comprendre rien qu'en feuilletant le livre. Les images, dans ce livre, aident à la compréhension du texte. Et en choisissant un livre avec une image pour un mot dans chaque phrase, le but ultime est d'amener l'enfant à devenir autonome dans sa lecture. Mais c'est beaucoup plus tard que l'enfant va être mis en contact avec l'écrit de ce texte.

Ce livre Sourimousse fait partie d'une série de livres : "Sourimousse est malade" ; "Sourimousse dessine" etc. toujours avec Sourimousse comme héroïne principale donnant ainsi à l'enfant l'occasion de rencontrer notre héroïne dans différentes situations de la vie. Sourimousse deviendrait en quelque sorte la mascotte de la classe. Cette lecture préparerait les élèves à d'autres lectures.

 
Le but de cet exercice de lecture est d'amener l'enfant à comprendre l'histoire que l'enseignant raconte dans une langue seconde en créant une atmosphère qui serait proche de celle de la maison quand un parent raconte une histoire à son enfant. En créant ainsi un certain lien d'affectivité et de confiance, l'enfant réalise que tout comme à la maison, quand sa maman lui raconte une histoire dans sa langue maternelle, il ne comprend pas nécessairement le sens de tous les mots mais il comprend l'histoire dans sa globalité. Il faut que l'enfant prenne conscience qu'en langue seconde aussi il peut apprécier une histoire sans pour autant comprendre le sens de tous les mots. Je pense donc que le choix de "Sourimousse" est judicieux car bien avant la lecture l'élève aurait déjà acquis un certain nombre de vocabulaire et de structures et les mots nouveaux qu'il rencontrerait ne seraient pas un obstacle à la compréhension du livre.

De plus, les mots comme "délicieuse", "mitaine", "énormes", "boutons" etc., qui sont plus ou moins semblables en anglais aideraient l'élève à mieux comprendre le texte.

A la fin de la première année en immersion française, les objectifs visés en lecture par le ministère de l'éducation sont nombreux. Il faut d'abord que l'élève soit en mesure d'écouter et de comprendre une petite histoire et qu'il puisse à son tour raconter l'histoire. L'élève devrait être aussi capable d'utiliser quelques adjectifs, noms, pronoms, prépositions et verbes au présent (Ministère de l'éducation de l'Ontario, 2001).

Pour moi, l'histoire de "Sourimousse" aiderait l'enseignant à atteindre ces objectifs. L'histoire est si simple que l'élève serait en mesure de raconter l'histoire à son tour. Au cours de la lecture, l'élève rencontrerait les adjectifs comme "petite", le pronom "elle" et des verbes au présent comme recommandé par le curriculum du Ministère de l'éducation.

En maternelle et au cours de la première année scolaire les élèves de l'immersion française apprennent toutes les matières scolaires en français. En mathématiques, ils apprennent à compter et à reconnaître les couleurs et en sciences, ils apprennent à différencier les saisons et à se vêtir en fonction du temps qu'il fait.

En lisant "Sourimousse" en classe, je pense que l'enseignant pourrait consolider les notions de couleur, de nombres car ces notions sont bien illustrées dans le livre. De plus, si un élève de cette classe devait rencontrer un petit Québécois francophone, ils parleraient plus surement de "neige", "luge" que de "marâtre" et "bal".

Donc, même si "Cendrillon" fait partie des lectures traditionnelles qui sont faites aux enfants francophones dès l'âge de trois ans et même si cette histoire émerveille encore beaucoup de petits et de grands, mon choix ne se porterait pas sur ce conte pour le moment.