Notes

[1] Sur la complémentarité dynamique des ouvrages de Gilles Ménage sur la langue française, des Origines de la Langue Françoise (1650; = OrLF) au Dictionnaire étymologique ou Origines de la Langue Française (1694; = DEOLF) en passant par les Observations sur la langue françoise (1727 et 1675-6; = ObLF), cf. notre travail sur « Les végétaux dans le Dictionnaire étymologique ou Origines de la Langue Française de Gilles Ménage, 1694. Lexique et littérature. », in Dialectologie et littérature du domaine d'oïl occidental. Actes du cinquième colloque tenu à Blois-Seillac du 5 au 7 mai 1993, publiés par Marie-Rose Simoni-Aurembou, ABDO, Dijon, 1995, p. 57-90 et notre contribution au colloque international sur La locution: entre lexique, syntaxe et pragmatique. Identification en corpus, traitement apprentissage. Actes à paraître. Pour la cohérence interne d'une oeuvre fondamentalement enracinée dans la romanistique, cf. infra, note 36.

[2] Nos principales sources sont les textes linguistiques de Ménage (observations sur les poètes comprises) gravitant autour du texte des OLI, textes auxquels s'ajouteront pour ce présent travail, les études d'E. SAMFIRESCO, Ménage, polémiste, philologue, poète, Paris, L'Emancipatrice, 1902 et de J. ZEHNDER, Les "Origini della Lingua Italiana" de Gilles Ménage, étude historique et critique, Paris, Flory, 1939, les témoignages présents dans la correspondance de Ménage avec les italiens éditée par L.G. PELISSIER (cf. supra, n. 1) complétée par celle qui a Ménage pour sujet principal éditée en 1917 par F. MASSAI, Le « Origini italiane » del Menagio e l'Etimologico Toscano degli accademici della Crusca. Undici lettere inedite di Carlo Dati ad Alessandro Segni, 1665-1666, Rivista delle biblioteche e degli archivi, XXVIII, Florence, 1917; sans oublier les Lettres de M.-M. comtesse de La Fayette et de G. Ménage, publiées par H. ASHTON, Londres, 1924, ni les Lettres inédites à Pierre-Daniel HUET (1659-1692) éditées récemment par Lea CAMINITI PENNAROLA, Naples, 1993.

[3] Ou même une « une profonde décadence », selon la formule de J. Zehnder, p. 5.

[4] Cf. Lucia Cenerini, L'Eclissi della fortuna: Cyrano, Sorel, Ménage fra letteratura e scienza, Roma, 1981; pour les autres français qui bénéficièrent du même honneur, cf. Severina Parodi, Catalogo degli Accademici dalla Fondazione, Firenze, 1983 et Quatro Secoli di Crusca 1583-1983, Firenze, 1983.

[5] Bien qu'il ne se soit jamais rendu en Italie et refusât de s'exprimer oralement en italien.

[6] Cf. Cenerini, op. cit., 1981, p. 168 sqq..

[7] Qui ne sont pas encore éditées dans le recueil des Miscellanea (Paris, Courbé, 1652) dont Ménage donnera ensuite plusieurs rééditions sous l'intitulé Poemata en 1656 et en 1658; on trouvera des poésies italiennes, Rime italiane, dans l'édition elzévirienne des Poemata en 1663 et surtout dans l'édition de Paris, 1668.

[8] Nous savons, par sa lettre du 15 mars 1654 à Magliabecchi, que Ménage travaillait, entre autres, à l'édition annotée des oeuvres de Giovanni Della Casa qu'il annonce d'ailleurs comme prochaine: « . le dirò que fra poco l'Opere italiane del Casa con le mie annotazioni sono per uscire alla luce. »; seules ses Osservazioni sopra il Casa concernant les Rime furent imprimées avant octobre 1654 (cf. sa lettre du 24 octobre à Magliabecchi); dans les Rime di Monsignor Giovanni della Casa con le annotazioni del Signor E. Menagio, Paris, Iolly, 1667, sont édités quelques textes de Prose de La Casa, mais sans annotation de Ménage; l'ensemble des Opere di Mons. Giovanni della Casa ne sera publié qu'en 1707 à Florence (3 vol.).

[9] L'Aminta favola boscareccia, di Torquato Tasso con le Annotationi d'Egidio Menagio, Accademico della Crusca, Paris, Courbé,1655; bien qu'il ait entrepris rapidement ses Nuove osservazioni sopre l'Aminta del Tasso, Ménage n'a pas publié une seconde édition enrichie de notes: une partie de ses propres notes manuscrites en marge de la première édition a été éditée par M. L. Benedetto, Bulletin Italien, Bordeaux, 1910, p. 232 sqq.; pour les autres textes (lettres et vers) et travaux rédigés en italien, voir la bibliographie d'E. Samfiresco, p.IX-XX.

[10] Cf. sa lettre aux Académiciens de la Crusca, datée à Paris du 20 fév. 1669, donnée en avant-propos aux Origini. Il faut ajouter à cela la curieuse précision de Madame de La Fayette (cf. H. Ashton), selon laquelle Ménage aurait appris l'italien avec elle pour ses beaux yeux! Faut-il mettre ce détail en relation avec la dédicace de ses Observations sur l'Aminta: « All'Illustrissima Signora Maria de la Vergna, mia Signora e Padrona colendissima. » (ObAT, 1655, Dedicatoria)?

[11] « E per non parer'indegno a' nostri Accademici Francesi d'essere stato asoritto nella famosa Accademia della Crusca, sommo Tribunale dell' Italiana Favella, feci disegno di comporre un Vocabulario Etimologico di quella nello stesso idioma; con una Dichiarazione de'Modi di dire Italiani. »

[12] Lettre datée du 25 avril 1657, in Pelissier, p. 7-9. Serait-ce cette lettre qui laisserait supposer que Ménage conçut le projet des Origini avant même son admission à La Crusca? cf. la source quelque peu vague de J. Zehnder, p. 8.

[13] Nous n'aborderons pas ici l'histoire proprement italienne des préludes aux Origini: la question a été abordée par J. Zehnder (1939) et L. Cenerini (1981) et la bibliographie est déjà riche: cf. outre la bibliographie générale de Maria Catricala, celle plus spécialisée de Fabio Marri, in Gilles Ménage (1613-1692), Grammairien et lexicographe: le rayonnement de son oeuvre linguistique, Actes du colloque international tenu à l'occasion du tricentenaire du Dictionnaire étymologique ou Origines de la Langue Française, 1694, Lyon, 1995, p. 339-340 (= infra,Actes Ménage).

[14] Nous avons également relevé à propos de l'étymologie de l'italien schiera, p. 86, une référence vague qui ne peut que correspondre aux OLI, étant donné qu'il s'agit du point de départ de l'article consacré à l'entrée schiera des OLI: « Si come l'abiamo dichiarato altrove »

[15] Véritable "pensum" qui l'a accaparé jusqu'en 1663, notamment pendant l'été, comme nous le constatons grâce à la correspondance de Ménage à Huet: cf. l'édition de Lea Caminiti Pennarola.

[16] ObPM, 1666, p. 241: c'est la seule référence à cet ouvrage dans les ObPM. L'emploi du passé semble, en général, dans ce genre d'auto-référence, assez banal si l'on considère d'autres travaux auxquels il fait allusion dans les ObPM, que ceux-ci soient publiés ou non: ainsi pour -Mr. de la Casa, in ObPM, 1666, p. 296: « . comme je l'ay remarqué dans mes Observations sur les Poësies de Monseigneur de la Case. », p. 330: « Les Italiens se servent aussi de crescere en la signification transitive, comme je l'ay remarqué dans mes Observations sur les Poësies de Monseigneur de la Case. »; p. 387: « Le Petrarque, le Casa & le Marin ont aussi dit loquale comme je l'ay remarqué sur le quarante-septiéme Sonnet du Casa. »; Ménage précise d'ailleurs lui-même à la fin des ObPM, p. 503-4: « I'ay fait mention de ces maximes, & d'autres plus severes dans mes Observations sur les poësies de Monseigneur de la Case. Comme ces Observations ne sont point encore publiées, quoiqu'elles soient imprimées il y a long-temps. »; -pour le Tasse: ObPM, 1666, p. 352: « Les Italiens ont la mesme irregularité dans leur Langue, comme je l'ay remarqué dans mes Observations sur l'Amynte du Tasse. »; p. 398: « Les Italiens disent indifferemment Filli, Fille, Fillide, e Fillida, comme je l'ay remarqué dans mes Observations sur l'Amynte. » et enfin, toujours avec la même formulation, p. 518, sur la féminisation de certains prénoms, p. 528; sans négliger les références au Tasse, accompagnées ou non de citations; p. 440 « . comme je l'ay fait voir dans mes Commentaires sur Diogène Laërce. », etc...

[17] Formule que l'on retrouve assez souvent, dès les ObPM comme ici, p. 242, ou encore, pour les OrLF, p. 417 à propos de court, p. 452 à propos de poison, p. 455 à propos de forger.

[18] De même, nous n'avons pas trouvé d'emploi au présent tel que la formule chère à Ménage: « .comme je le fais voir dans. », présent qui impliquerait deux situations possibles: soit celle de Ménage rédacteur de l'ouvrage en voie d'achèvement soit celle peut-être plus probable de Ménage relecteur des feuillets en cours d'impression.

[19] Lettre 1377, n° 148, p. 217-218 dans l'édition de Lea Caminiti Pennarola avec ses notes, p. 407, sur la difficulté concernant l'exemplaire destiné à Bochart qui semblait prêt à être relié dès 1666 ou 1667, lettres 1371 et 1373, p. 410. La précision de sa lettre 1302 datée du 31 août 1667: « Je suis sur le point d'achever mes Origines de la Langue Italienne. » pourrait accréditer l'hypothèse d'une première version française.

[20] Lettre à Magliabecchi du 10 septembre 1666: « La settimana passata inviai a V.S.Ill.ma quattro foglî delle mie Origini Italiane. »

[21] Lettre à Magliabecchi du 21 octobre 1667: « Mitto ad te Originum mearum folia ultima. ».

[22] Cf. J. Zehnder, p. 24 et p. 26; sur la supériorité des Origini de Ménage par rapport aux Origines de Ferrari, F. Marri, « La place de Le Origini della lingua italiana dans l'itinéraire étymologique de Muratori », in Actes Ménage, p. 315-340.

[23] Lettre à Magliabecchi du 24 décembre 1681 qu'il faut compléter par une autre lettre datée du 24 juin 1681 dans laquelle Ménage écrit à Huet (lettre 1385, n°179 in Lea Caminiti Pennarola): « On imprime à Genève mes Origines de la Langue Italienne, mais je suis tres mal satisfait de l'édition. ».

[24] Ce que confirme encore sa Lettre à Magliabecchi du 7 août 1682: « On imprime à Genève in-folio mes Origines de la Langue Italienne. »

[25] Lettre de Ménage à Huet, 1265, n°192, p. 238: éxagération de Ménage ( 5 ans au plus et non pas 6!).

[26] Lettre à Huet, 1269, n°205, p. 246.

[27] Lettre à Huet, XLI, Appendice n°8, p. 278.

[28] Tout comme dans ses ObAT et ses AdRC, il renvoie assez souvent aux OrLF.

[29] Ménage avait deux ouvrages en cours, l'un sur les racines grecques, nommé de façon variée ainsi: ObPM, 1666, p. 362, p. 389 « .comme je le ferai voir dans mes Origines de la Langue Grecque. »; OLI, 1669, s. v. andare: « Ma di questo diffussamente nelle nostre Radici della Lingua Greca. » et sv. assilare: « Ma di questo distesamente nelle nostre Origini della Lingua Greca. »; Ménage préparait aussi un Traité des Dialectes de la langue grecque, comme on le sait par plusieurs références dans le cours de ses différents travaux; la réalité de ces ouvrages sur la langue grecque - qui n'ont pas été publiés (liste des ouvrages manuscrits donnée dans le Menagiana) - ne fait pas de doute comme le prouvent les lettres écrites à Huet, l'une datée du 9 oct. 1662 (lettre 1217, p. 158-160): « Je travaille presentement a un Traicté des divers Dialectes de la langue Grecque. », une autre datée du 18 oct. 1662 (lettre 1219, p. 160-1): « Le Traicté des Dialectes que je veux faire, n'est pas ce que les autres ont fait; mais un recueil de tous les mots particuliers des diverses nations Grecques, cestadire de tous les idiotismes de chaque pays: et de la façon que j'ay conçeu ce Traicté là, il sera curieux. J'ay déjà ramassé tout ce qu'il y a de ces idiotismes dans Hesychius, dans Pollux, dans Crotien et dans le Lexicon de Galien; et je suis apres à recueillir ceux qui se trouvent dans les Scholiastes des Poëtes Grecs.. », une autre datée du 25 oct. 1662 (lettre 1236, p. 162): « .plus j'y travaille, plus je trouve qu'il y a de la besogne. Je le divise en deux parties. La premiere contient la Langue Eolique et Dorique, la seconde, la Langue Ionique et Attique. Sous la langue Eolique et Dorique, je mets. et sous la Langue Ionique et Attique.Par exemple inter Doricas voces..Avec cela je fais une grande Preface de la Langue Grecque où j'explique de quelle façon elle s'est formée etc.. Comme je la [cette matière] traicte par les Nations, il faudra y ajouter à la fin un Catalogue de tous les mots par ordre alphabétique. »; 1er nov. 1662, lettre 1237 (p. 163): « .je ne me contenteray pas de mettre seulement les mots particuliers des nations dans mon Traicté des Dialectes, mais aussi leurs phrases et leurs façons de decliner et de conjuguer. »;

[30] Cf. notre analyse in « Les végétaux dans le Dictionnaire étymologique ou Origines de la Langue Française de Gilles Ménage, 1694. Lexique et littérature. », in Dialectologie et littérature du domaine d'oïl occidental. Actes du cinquième colloque tenu à Blois-Seillac du 5 au 7 mai 1993, publiés par Marie-Rose Simoni-Aurembou, ABDO, Dijon, 1995, p. 61-66; d'autres références à cet ouvrage nous confirment que Ménage y a travaillé surtout au cours de la décennie 1655-65 pour avoir en vue une impression assez proche: cf. les Annotazioni sur les Rime della Casa, 1667, p. 107, à propos de l'étymologie du gr. ladonis: « si come l'abbiamo osservato nell' Etimologico nostro botanico, il quale, à Dio piacendo, speriamo di ben presto pubblicare. »; référence que confirment les nombreux renvois des OLI du genre de celui qu'on relève s.v. rosolaccio: « Veggasi il nostro Etimologico Botanico. »; ajoutons que Ménage peut employer le passé pour un ouvrage qui n'a pas encore été mis sous presse, ce qui permet de penser raisonnablement que le texte auxquel il se réfère était déjà rédigé, qu'il le considérait comme prêt à être imprimé: ainsi in ObPM, 1666, p. 395: « .comme je l'ay fait voir dans mes Botaniques, qui est un livre où j'ay ramassé par ordre alphabétique tous les noms Grecs des Plantes, avec leurs significations & leur origines. »; p. 396 « .comme je l'ay prouvé dans mes Botaniques. ».

[31] En ajoutant les Observations sur la langue françoise(1672 et 1675-6) pour la réédition des OLI en 1685.

[32] On est convaincu de l'enrichissement du corpus de la nomenclature avec, par exemple, le vocabulaire des végétaux ou celui de la marine (cf. les ajouts manuscrits sur son exemplaire, BN rés. X 923) et surtout le vocabulaire qui concerne l'italien, notamment les noms propres de lieux et les patronymes liés à la culture historique et littéraire de l'Italie; l'italien peut être un lieu privilégié d'étude pour une meilleure connaissance du français

[33] Ainsi, plusieurs articles sont restreints à un étymon suivi d'une échelle: les échelles sont beaucoup plus nombreuses dans les OLI que dans les OrLF et le DEOLF (cf. notre article dans les Actes du XXème congrès tenu à Zürich). Quand Ménage donne une définition autre que générique, pour une bonne part, les définitions de langue présentes dans les OLI sont souvent empruntées au Vocabulario de La Crusca.

[34] Cf. notamment dans les OLI, les critiques pertinentes des étymologistes italiens, l'hélléniste Monosini et l'hébraïsant P.F. Giambullari dont Ménage ne retient aucune étymologie; bien sûr ces auteurs ont leurs correspondants dans les OrLF et le DEOLF, avec pour les hellénistes, Périon,Trippault, Budé, et, parmi les hébraïsants, Thomassin. Pour les références à C. Cittadini, Castelvetro, et autres italiens, cf. Zehnder.

[35] Au temps des rivalités mondaines et européennes, où le monde du livre et de l'édition sont en pleine effervescence (cf. les correspondants de Ménage et le contenu des lettres échangées entre savants fervents de critique textuelle).

[36] Cf. notre article « En quoi peut-on parler de "conscience linguistique" à propos des travaux philologiques de Gilles Ménage? », in ARBA, 1, Acta Romanica Basiliensa, juin, 1993, Contributions aux 4èmes rencontres régionales de linguistique, Bâle, 14-15 sept. 1992, p. 167 sqq.. Indépendamment de l'italien et du français, Ménage avait longuement médité sur la langue espagnole, comme il l'écrit dans sa lettre aux Académiciens de la Crusca en date du 20 février 1669 donnée en avant-propos aux OLI: « . e meditato lungo tempo sopra quelle [origini] della Spagnuola lingue sorelle dell'Italiana »; on trouve d'ailleurs, douze ans plus tôt, une formule encore plus détaillée dans la lettre de Ménage à Carlo Dati du 25 avril 1657: « Quant'ame, è vero che ricercando più anni sono le origini della nostra lingua francese, investigai parimente quelle dell'italiana e della spagnuola, sorelle della francese. » (Lettre IV dans les Lettres de Ménage à Magliabecchi et à Carlo Dati publiées par L.G. Pelissier, Revue des langues romanes, XXXV, Montpellier, 1891); cela renforce la portée linguistique de l'ensemble de son oeuvre pour une étude comparée des langues romanes.

[37] Or, si tous ces faits semblent avoir particulièrement gêné J. Zehnder, p. 28-32, c'est parce qu'il n'a pas tenu compte de la complémentarité des ouvrages constituant l'oeuvre de Ménage.

[38] Sujet que nous avons traité pour le domaine du français: « La littérature au coeur des sciences du langage d'après un écrivain "moderne", Gilles Ménage: de la littérature à la littérature par le truchement de la grammaire et de la lexicologie », Toronto, février 1994, à paraître.

[39] A quoi il faut ajouter une double fonction de publicité des "auto-références", qu'il s'agisse de rappeler qu'un ouvrage vient de paraître ou d'annoncer la parution imminente d'un travail. On a un autre exemple de délais important avec le Diogène Laërce resté 9 ans sous presse avant l'édition d'Amsterdam (1691-2).

[40] On trouve encore dans la correspondance deux témoignages intéressants: lettre à Huet, 1294, le 18 nov. 1662 (p. 167): « Je fais imprimer presentement un livre d'Observations sur le Droit [il s'agit des Amoenitates]: ce qui m'a fait quitter mes Dialectes de la langue Grecque. », mais lettre du XI fév. 1663 (p. 177): « . je travaillerai à mes Dialectes, qui ne font tous les jours que croistre et embellir. »

[41] Lettre à Huet 1263, n°184, p.234.

[42] Cf. l'article de Lea Caminiti Pennarola: « La correspondance entre G. Ménage et P.-D. Huet: une réflexion sur la langue. », in Actes Ménage, p. 167-186.

[43] Feuillet e iij.: « Che'l Malherba nostro, non men famoso giudice della Poesia, che Poeta, non cessava d'ammirar quella Favola, e sopra modo desiderava d'haverla composta ».

[44] Comme p. 244 et p. 305: « Veggansi le nostre Osservazioni sopra le Rime del Malherba. »

[45] Ménage renvoie dans ses AdRC aux ObAT en employant la même formule: « .si come l'abbiamo osservato nell'osservazioni nostre sopra l'Aminta. » (p. 23) ou de façon approchante « .con quello che à questo proposito sopra l'Aminta del Tasso abbiamo osservato » (p. 99).

[46] Le renvoi à la Casa ne figure pas dans OLI, 1669.

[47] Cette notice préfigure formellement l'article de dictionnaire: « STANCES. Nous avons pris ce mot des Italiens, qui appellent ainsi les couplets de leurs Chansons. Le Dolcè au livre quatriéme de ses Observations, estime aprés Dante, qu'elles ont esté ainsi appellées, parcequ'elles contiennent & renfernent tout l'artifice de la Chanson: Dico, ciascuna Canzone dividersi in più parti eguali; lequali sono dimandate Stanze, perche in esse, secondo pur la opinione di Dante, sta, e si rinchiude tutto l'artificio della Canzone. Cette étymologie ne me plaist pas; & je croi pour moi, que les Stances des Chansons Italiennes ont esté ainsi appellées du mot de stanza en la signification de demeure, acause du repos qui se fait d'ordinaire à la fin de chaque Stance: d'où vient que dans les Octaves, qui sont les Stances des Poëmes Epiques, on appelle les deux derniers vers la clé, parce qu'ils ferment le sens. Stanza diciamo noi à una spezie di Poësia.e chiamansi chiave, perchè serrano il concetto. Ce sont les termes des Academiciens de la Crusca, dans leur Vocabulaire. I'ay dit, acause du repos qui se fait ordinairement à la fin de chaque Stance; car quelquefois il ne s'y en fait point, & le sens d'une Stance enjambe sur l'autre, comme en celle-cy de la divine Ierusalem, que le Tasse, selon le témoignage du Manso en la Vie du Tasse, preferoit à toutes ses autres [cit.] »

[48] On trouve dans les OLI: « Sorta di Poësia, usata per lo più nelle Canzoni e ne'Poemi Eroici. Dante Alighieri nel libro secondo della Volgare Eloquenza, là dove tratta della stanza della Canzone [cit.] Il Dolce nel quarto della sue Osservazioni: [cit..] Le stanze furono così chiamate perche. ». On fera la même remarque pour la notice consacrée à agio dans les ObAT, p. 120, préparation de l'article agio des OLI 1669, développé dans 1685, qu'il faut comparer avec l'article aise du DEOLF où Ménage renvoie aux OLI.

[49] Qui n'est cependant pas absolument superposable à l'article des OLI.

[50] Ménage a supprimé dans les OLI une remarque sur un usage propre à l'hébreu.

[51]Renvoi réitéré dans les OLI.

[52] ObAT, p. 275: « Baldo: L'origine di questa voce à pochissimi è nota. è Gotica. Giordane nella Storia de'Geti [.] ».

[53] Où Ménage précise: « Poiche mi son lasciato trascorrere à referir nelle presenti Osservazioni tante Etimologie, riferirò qui anche quella di questa voce. Viene dal verbo Italiano bruttare. »

[54] Faut-il imputer cette formule à une certaine négligence de Ménage? c'est un leitmotive fonctionnant soit pour les renvois intratextuels, soit pour des renvois intertextuels concernant une même matière, les commentaires de poésies (cf. ArDC, p. 133, à propos d'une erreur du Bembo) ou un même objet, le lexique (cf. ArDC, p. 79, à propos du nom des Alpes, où altrove renvoie en réalité aux ObAT, p. 132).

[55] Complété par un second placé ici en note: OrLF, s. v. mesme.

ObPM, p. 241: (la fin de l'article est consacrée à mesme adverbe < du latin maxime et à l'usage de certains adverbes français avec un -s final.). OLI, 1669, s.v. medesimo: OLI, 1685, s. v. medesimo: DEOLF, s.v. mesme:

[56] Nous n'avons pas pu vérifier si Ménage avait fait un ajout manuscrit sur son exemplaire des OrLF (Paris, BN, X 923).

[57] Nous avons d'autres exemples où le renvoi concerne bien le DEOLF, comme pour l'italien baldo où Ménage termine dans les OLI sur ces mots: « Ma di questo più distesamente nelle nostre Origini della Lingua Francese. » Or, l'article esbaudir des OrLF est plus que succinct, sans être complété par un autre article, baud ou bauds, alors que dans le DEOLF on trouvera, certes le minimum s. v. esbaudir avec un renvoi aux OLI, mais s. v. bauds un article circonstancié où figure également un renvoi aux OLI.

[58] Pas d'occurrence dans ObAT.

[59] Usage poétique banal qui n'intéresse pas le Dictionnaire? Signalons encore: ObPM, p. 272: « M. de Vaugelas a decidé qu'il faloit dire consumer en la signification d'aneantir, & consommer en la signification d'achever & perfectionner [.] Les Italiens disent consumare en l'une et l'autre signification. » mais rien dans les OLI; ObPM, p. 275. « Chetif, c'est à dire malheureux.. Les Italiens disent de mesme cattivo. Voyez mes Origines de la Langue Françoise. » (le renvoi aux OrLF est pertinent car l'article chétif est plus détaillé) rien dans les OLI; ObPM, p. 289.« En une part. C'est ce que les Italiens disent à parte, in disparte. » (l'article est exclusivement consacré à la correspondance entre français et italien; rien dans les OLI.); enfin, la notice détaillée des ObPM sur l'emploi actif du verbe soupirer que l'on retrouve en italien (p. 391: « Les Poëtes Italiens ont aussi usé de sospirare en la mesme signification. Le Petrarque au chapitre second du Triomphe d'Amour: [.] et dans la Chanson Qual più diversa: [.] Et dans le Sonnet 220: [.] Ce qu'ils ont pris, comme nous, des Poëtes Latins. Tibulle I.7. [.] Et IV.4.[.] Valère caton. Tertullien. ») ne figure pas dans les OLI où l'on ne trouve pas d'entrée consacrée à sospirare, pas plus qu'une entrée soupirer dans les OrLF ni le DEOLF.

[60] Cf. p. 547: « Il faut dire trouver, comme on dit en Italien trovare, & comme nous disons prouver, & esprouver. ».

[61] OLI, s.v. TROVARE: « Forte dal Latino recuperare così: Recuperare, cuperare, (onde lo Spagnuolo cobrar) cuprare, coprare, tropare, trovare, (onde il Francese trouver) tropare TROVARE. C in T come il Francese craindre da tremere. Forte anche da reperire, il Sr Ferrari: così reperore, Non si puo. Il Sr Du Cange, in trutsare, dall'antica voce Francese cioè tributum... »

[62] Son souci bibliographique est manifeste dès ses ObAT, où il énumère les « Testimonii di diversi scrittori circa l'Aminta di Torquato Tasso ».

[63] Dont on ne trouve donc que très peu de traces dans les OrLF et dans les ObPM (comme c'est par exemple le cas, ObPM, 1666, p. 361 où Ménage renvoie à « Leornardo Salviati au ch. 14. du livre 2. du 2. volume de ses Avertissemens de la Langue Italienne » à propos de l'ajout d'un article devant un nom propre) et les ObLF, et davantage encore dans le DEOLF.

[64] Il suffit d'opposer Rabelais à Dante! Le souci d'exemplification attestant une occurrence explique le grand nombre de poètes français et italiens cités dans les Observations sur la poésie de Malherbe (voir aussi les Observations sur l'Aminte du Tasse), et justifie aussi les renvois à la Poëtique de Castelvetro (ObPM, p.393 et p. 438 pour sa critique de Petrarque), aux Ragionamenti della Lingua Toscana de Bernardin Tominato (ObPM, p. 469: toujours à propos de Petrarque) et aux critiques italiens des grands textes comme pour Dante, Mazzoni auteur de la Deffense de la Comédie de Dante (ObPM, p. 395). On trouve dans les ObPM, p. 469-470 une sorte d'aperçu bibliographique concernant Petrarque. N'oublions pas que les ObPM lues à travers le prisme des grands poètes italiens offrent à Ménage l'occasion de justifier ses propres choix d'expressions poétiques dans ses poésies françaises, latines et italiennes.: ainsi, ObPM, p. 477: « Petrarque a dit de mesme [que Malherbe] au Sonnet 127 [.] I'ay dit aussi dans un de mes Sonnets Italiens. » et p. 518: « I'ay aussi feminise dans les Poësies Italiennes le nom d'Iola, & j'en ay esté loüé par les Italiens. », etc.

[65] Pour ce sujet, trop vaste pour être détaillé ici, nous disposons de trois séries d'informations: le témoignage de Ménage lui-même (cf. le « je » auteur de dictionnaires et le « je » de la correspondance); la hiérarchie chronologique des sources de seconde ou première main, réalisable par l'analyse comparée des sources et des citations avec le catalogue de sa bibliothèque sans négliger la correspondance de Ménage avec les savants étrangers (les demandes d'information et les envois de livres): travail en cours.

[66] Pour la prolixité de Ménage dans les citations, cf. Zehnder, p. 13 et 27: certes, ses deux exemples sont convaincants, mais nous pensons qu'il faut nuancer l'appréciation des citations en tenant compte de l'esprit même du dictionnaire préparé par les autres travaux.

[67] Manuscrit conservé à Paris, BN, sous la cote mss. lat. 10378.

[68] La publication de notre analyse de ses sources italiennes mises en relation avec le contenu de sa bibliothèque italienne est prévue pour 1996, dans les Mélanges offerts au Professeur J. Goudet.