Les Origini della lingua italiana (1669 et 1685) de G. Ménage, un ouvrage méconnu dont l'intérêt linguistique dépasse son objet propre

Isabelle Leroy-Turcan

Université Jean Moulin, Lyon III

(Communication présentée au XXIe Congrès international international de linguistique et philologie romanes, Palerme, 21 septembre 1995)


Il est habituel et presque banal de considérer un dictionnaire, quels que soient sa nature ou son objet (général de langue, de traduction, ou spécialisé d'étymologie, d'histoire, de termes techniques, botanique, héraldique ou marine, etc.) comme un outil de consultation; l'ouvrage dictionnairique est alors pris isolément comme source privilégiée d'une étude ponctuelle ou systématique; il fonctionne d'abord à titre individuel tout en dépendant, bien sûr, d'une tradition dont le chercheur peut choisir de tenir compte ou non.

Or, ce qui est valable dans le cas des dictionnaires modernes, sur papier ou informatisés, ne l'est plus autant lorsqu'on est conduit à consulter un dictionnaire ancien inscrit non seulement dans une famille d'ouvrages antérieurs ou contemporains (concurrents ou complémentaires) - ce qui représente la tradition lexicographique -, mais surtout dans un ensemble cohérent de travaux réalisés par un même auteur, humaniste, savant, érudit: l'individualité du dictionnaire est alors toute relative puisqu'elle émane d'une dynamique enracinée dans un temps de recherches et d'écriture propre à l'auteur de l'oeuvre; la multiplicité des ouvrages conçus par un même savant ne saurait donc faire redondance, si elle offre le témoignage des étapes de l'élaboration scientifique d'une oeuvre.

C'est ce que nous démontrerons à propos de Gilles Ménage pour ses Origini della lingua italiana (1669 et 1685) (= OLI) qui, tout en ayant joué le rôle du premier dictionnaire étymologique de la langue italienne, fonctionnent surtout dans l'économie générale de son oeuvre lexicographique, étymologique et grammaticale sur le français dont le Dictionnaire étymologique ou Origines de la Langue Française (= DEOLF) représente l'accomplissement [1].

Présentation des OLI [2]: genèse de la première édition de 1669

Au XVIIè s., même si les lettres italiennes paraissent tombées dans une certaine langueur [3], la tradition de l'italianisme en France est encore bien enracinée: que l'on pense, entre autres, aux académiciens de l'Académie française comme Régnier Desmarais et Chapelain, auteurs de vers italiens, membres de l'illustre académie florentine, l'Accademia della Crusca. D'ailleurs, Ménage et Chapelain, déjà réputés pour leur connaissance de l'italien et consultés par La Crusca, ont fait office de critiques littéraires de la poésie italienne et furent les deux premiers français reçus à La Crusca [4].

Ménage et sa vocation d'italianisant [5]

Quand l'Accademia della Crusca a accueilli Ménage dans son assemblée le 2 septembre 1654 pour rendre hommage à la finesse et à la rigueur scientifique de son analyse d'un vers de Pétrarque [6], ce fut d'abord une consécration du savant français italianisant, déjà auteur de poésies italiennes [7] et annotateur d'auteurs italiens » [8]: mais cette nomination l'a surtout encouragé dans l'italianisme puisqu'il a donné dès 1655 son édition de l'Aminta du Tasse annotée en italien [9]. D'autre part, Ménage souhaitait prouver à l'Accademia della Crusca qu'il méritait bien l'honneur qu'elle lui avait fait, et, si l'on accepte son propre témoignage, il décida d'approfondir sa connaissance de l'italien

c'est ainsi qu'il aurait commençé à préparer ses Origini, comme il l'écrit dans sa Lettre aux Académiciens de la Crusca datée à Paris du 20 février 1669 et donnée en avant-propos aux Origini [11]; mais, dès avril 1657, il a écrit à Carlo Dati [12]: et annonce la publication des Origini comme prochaine:

Quelques préludes à la publication des OLI [13]

Dans sa lettre à Magliabecchi d'avril 1660, Ménage emploiera encore le futur à propos des Origini:

Si important que soit ce témoignage, il nous a semblé nécessaire de rechercher dans les deux ouvrages précédant l'édition de 1669, des traces des OLI encore en préparation: de fait, dès ses Observations sur l'Aminta du Tasse (1655), Ménage précise (p. 165): et dans les Rime Di M. G. della Casa con le Annotazioni del signor E. Menagio (1667), dès la page 5, à propos du premier sonnet [14]: Il s'agit, bien sûr, d'étymologies; nous disposons donc de deux indices de chronologie relative intéressants: Ménage a travaillé aux OLI tout en terminant, pour l'italien, ses observations sur l'Aminta et ses annotations sur les Rime de la Casa, sans oublier son Diogène Laërce [15], ni ses Observations sur la Poésie de Malherbe.

De fait, ces détails chronologiques acquièrent un autre intérêt quand on les confronte aux témoignages présents dans les Observations de Ménage sur la Poésie de Malherbe (Paris, Billaine, 1666 = ObPM) où Ménage évoque en employant le passé plusieurs de ses ouvrages, dont les OLI [16] qui sont pourtant encore loin de leur parution:

Comme nous n'avons pas relevé d'occurrence de verbe au futur [18] faisant référence à ses OLI dans les ObPM, nous pouvons penser que l'ouvrage était quasiment prêt en 1666, à tout le moins suffisamment avancé pour qu'en soit commencée l'impression, ce que confirme Ménage dans sa lettre à Huet du 21 avril 1666: De fait, les premiers feuillets des Origini ne seront imprimés qu'à partir de septembre 1666 [20], d'autres, les derniers semble-t-il, le seront en octobre 1667 [21].

La seconde édition des OLI, 1685, dirigée contre l'ouvrage concurrent d'Ottavio Ferrari [22], les Origines lingu‘ italic‘ (Padoue,1676), fut envisagée par Ménage au moins dès 1679, si l'on se fonde sur sa lettre à Magliabecchi du 23 août 1679:

Cette réédition, en projet imminent dès 1681 [23]: ne fut en réalité commencée que plus tard, en 1682, comme l'atteste la lettre de Ménage à Huet datée du 12 juillet 1682: pour être en phase terminale en juillet 1684 [25]: mais le 3 juin 1685 Ménage écrit encore [26]: pour n'exprimer enfin sa satisfaction que le 11 juillet 1685 [27]:

L'identité des OLI

Il s'agit bien d'un travail authentique, le premier dictionnaire étymologique de l'italien, qui plus est, écrit en italien par un français, qu'on ne saurait donc limiter à une simple adaptation, transposition italienne des OrLF (1650) comme semble le laisser entendre J. Zehnder au début de son analyse en écrivant (p. 2) que

certes, Zehnder nuance ensuite son propos appréciant Ménage « en tant qu'italianisant » (p. 3), pour n'évoquer ensuite qu'une rappelons d'abord qu'il est impératif de ne pas négliger les renvois implicites, non marqués, qu'il s'agisse de véritables renvois ou de reprises pures et simples; mais la question est en réalité beaucoup plus complexe puisque Ménage renvoie aussi, dans les OLI, à d'autres ouvrages, notamment à ses travaux sur l'italien, l'Aminta du Tasse et les Rime de la Casa [28], et à ses Observations sur la Poësie de Malherbe (1666), sans négliger deux autres ouvrages qui n'ont jamais été publiés, ses travaux sur l'étymologie grecque [29] et sa fameuse Historia Botanica [30]. Précisons ici que les OLI sont aussi un lieu de témoignage essentiel et précieux pour mieux identifier ces deux inédits de Ménage.

Si nous avons commencé par donner des repères chronologiques, c'est bien pour confirmer le rôle essentiel que tous ces ouvrages jouent dans l'élaboration des OLI en 1669 [31], mais aussi pour la réédition des Origines de la langue françoise sous l'intitulé Dictionnaire Etymologique ou Origines de la Langue Françoise (1694, = DEOLF). En effet, si nous lisons - ou consultons - les OLI à la lumière des travaux sur l'italien et sur le français, sur la littérature comme sur la langue, nous comprenons mieux la logique interne qui a donné naissance aux OLI, ouvrage qui échappe, non seulement au domaine strict de la linguistique en abordant des questions d'écriture littéraire, mais aussi au domaine de la seule langue italienne: qu'il s'agisse du corpus de la nomenclature, dont on connaît la diversité [32], de l'organisation des articles peu systématique [33], de l'énoncé de l'étymologie avec ou sans démonstration [34] des sources nommées et des citations, les OLI fonctionnent non seulement en vertu d'une logique propre à l'époque où elles ont été conçues [35] - tout en manifestant l'affirmation d'une conscience linguistique engagée dans le comparatisme des langues romanes [36] et, au-delà, des langues européennes - mais elles dépassent aussi le cadre du seul dictionnaire étymologique de l'italien [37], du fait même des exigences scientifiques de Ménage qui établit des ponts entre ses domaines de prédilection et étudie littérature, lexique, usages linguistiques et norme grammaticale dans une complémentarité enrichissante [38].

Place des OLI dans l'économie de l'oeuvre de Gilles Ménage

D'un dictionnaire à l'autre, dans la continuité des OrLF (1650), les OLI (1669 et 1685), sont une étape essentielle pour l'élaboration du DEOLF(1694), mais on ne saurait négliger les autres travaux, notamment les observations sur des textes littéraires.

La logique des renvois, explicites ou implicites, et autres indices de chronologie relative d'une oeuvre à l'autre présents dans les textes imprimés ou dans la correspondance, ne tient pas uniquement à la propension de Ménage à se citer lui-même, mais aux délais d'impression des ouvrages [39]. Ainsi Ménage précise (ObPM, p. 503-4):

Lenteur confirmée par une note qui a le mérite d'évoquer aussi l'organisation du travail de Ménage avec des indices de chronologie relative (Menagiana, 1693, p. 499) [40]: On peut encore perçevoir une certaine angoisse du temps qui passe face aux délais que nécessite l'impression d'un ouvrage, dans cette remarque faite à Huet [41]: Nous entrevoyons donc, outre le rôle que joue la correspondance entre savants dans la préparation des textes destinés à la publication [42], une fonction des "auto-références", ce qui implique aussi la nécessité d'élargir la consultation et la confrontation à différents genres d'écrits pour mieux appréhender la genèse des textes, du moins pour ce qui concerne l'oeuvre de Ménage, qu'il s'agisse des dictionnaires ou des annotations sur des auteurs littéraires. La confrontation des Observations sur l'Aminta du Tasse, des Annotations sur les Rime della Casa et des Observations sur la Poésie de Malherbe, avec les articles des OLI correspondant aux mots traités auparavant manifeste la complémentarité des ouvrages: les observations sur la littérature et la langue sont source d'enrichissement du corpus de la nomenclature et des articles de dictionnaires - Ménage corrige certaines étymologies et ajoute des références nouvelles -, liens extra-textuels qu'il est possible d'illustrer par une structure arborescente (cf. exemplier).

Des ObAT (1655) aux ObPM (1666), le lien s'impose et est confirmé par Ménage lui-même dans la Préface des ObAT [43] et au cours de l'ouvrage, avec les renvois [44]; il en est de même pour les ARdC (1667) [45] et les OLI (1669 et 1685): ainsi nous relevons, dans les OLI, 1685, s.v. stanza, la précision suivante en fin d'article:

une simple vérification nous permet d'apprécier les parallèles avec la notice ajoutée dans les Additions et changemens des ObPM, p. 561-2 [47] puis dans les ARdC; l'article des OLI nous montre que Ménage a réparti ses informations en fonction du genre d'ouvrage composé, l'article de dictionnaire ne reprenant pas absolument toutes les remarques faites précédemment [48].

Conscient de la répartition des genres, Ménage précise parfois, comme c'est le cas pour sambuca (ObAT, p. 122-3)

De fait, l'article des OLI, 1685, s.v. sambuco est exclusivement consacré à l'étymologie, tout comme l'article sureau du DEOLF [49].

D'un ouvrage à l'autre, Ménage peut corriger une étymologie, comme c'est le cas des ObAT, p. 126 à propos de l'italien strali:

aux OLI, 1669-85, s.v. strale: ou bien confirmer une origine: ainsi pour le mot bosco, Ménage renvoie dans ObAT, p. 114, aux OrLF (s. v. bois ) « Veggansi le nostre Etimologie della Lingua Francese. » [51], pour insister ensuite sur l'absence de lien entre le grec boskein "pascolare" et l'italien bosco « E' d'origine Tedesca indubitatamente. », formule reprise dans OLI 1669 et qui deviendra dans les OLI, 1685, « .indubitabilmente. ».

Inversement, on trouvera des cas, où, après avoir énoncé une seule étymologie comme certaine dans les ObAT, Ménage commence son article des OLI en en ajoutant d'autres, pour introduire, avec une modalisation dubitative, l'étymon autrefois retenu, comme s. v. baldo [52]:

Quelques années plus tard, l'étymon germanique sera absolument confirmé dans le DEOLF, s. v. bauds et esbaudir.

Hormis ces cas qui correspondent aux typologies principales, nous observons un certain parallélisme, quand ce n'est pas l'identité parfaite, entre les ObAT et les OLI. Ainsi, alors que pour veltro dans les ObAT, p. 131-2 et les OLI, 1669-85, s.v. veltro, on observe, avec une formulation très proche, la reprise des mêmes références à « Grazo, antichissimo Poeta Latino » et à son commentateur Giovan Flitio, à Martial XIV, 198, etc., et simplement dans les OLI, 1685, l'ajout de références à Monosini et à l'auteur anonyme de la vie de Charles Magne; on constate pour l'étude de bruttare un parallèle absolu entre ObAT, p. 150 [53], et le début de l'article des OLI, 1669-85, sv. bruttare. bruto, enrichi ensuite de plusieurs références, préparées par les ajouts de 1669. Un dernier exemple est significatif pour l'article ingannare (OLI, 1669-85) qui commence par la reprise fidèle des ObAT, p. 165, où figure déjà un renvoi aux OrLF, et se poursuit avec l'ajout de références à Dati, Bovelles, l'Arezzo, l'Arioste, etc. (préparées dès 1669), toutes modifications qui seront ensuite réparties dans le DEOLF entre les deux articles consacrés respectivement à enganner et à engin.

Parfois, au lieu d'un enrichissement attendu, le lecteur se heurte au silence d'un renvoi caduque, comme pour le mot rossignuolo: après avoir critiqué, dans les ObAT, p. 148, l'étymologie onomatopéique donnée par Castelvetro pour usignuolo, Ménage écrit: « Mà di questo più distesamente altrove. » Avec une certaine habitude de ce genre de formule [54], on pourrait penser qu'altrove renvoie aux OLI, 1669-85; de fait, on y trouve, s. v. usignuolo, un renvoi à rossignuolo; mais ce renvoi ne mène à aucun article, pas même dans les additions; il faut attendre le DEOLF pour avoir de plus amples informations sur l'étymologie de ce mot.

Des OrLF aux ObPM et aux ObLF en passant par les OLI: le DEOLF

Nous terminerons ces quelques confrontations avec un [55] exemple révélateur du rôle des différentes phases du travail de Ménage qui ont abouti au DEOLF. 1. ObAT, 1655, p. 264-5 (à propos de la forme huom dans l'Aminta et de l'expression huom dice dans Pétrarque et dans Boccace):

ObPM, 1666, p. 414-5: En fait, comme il n'y a pas d'article correspondant dans les OrLF [56], nous pourrions penser, en l'absence d'une référence conjointe aux Observations sur l'Aminta du tasse, que Ménage fait alors référence à l'article qu'il aurait déjà préparé pour le DEOLF [57].

OLI, 1669-85, sv. UOM DICE:

L'ajout de la référence au Castelvetro est propre aux OLI; si Ménage ne renvoie qu'aux ObPM, n'est-ce pas parce qu'il a enrichi l'article des ObAT? DEOLF, s. v. ON La référence à Nicot est propre au DEOLF; les renvois fonctionnent de façon inégale: effective pour les ObPM et les ObAT; sinon équivalent à une simple référence de source, puisque sans information supplémentaire.

S'il est clair que des liens existent entre les différentes publications de Ménage, il ne faudrait pas croire que tout est systématique: nombreuses sont les remarques sur l'italien présentes dans les ObAT et lesObPM non reprises dans les OLI, à fortiori dans le DEOLF, notamment quand elles concernent un fait de langue sans incidence sur l'étymologie. Ainsi relève-t-on dans les ObPM, p. 444 [58]:

mais dans les OLI, s. v. lasciare: De même, ObPM, p. 482, à propos du mot secrétaire, absent des OLI [59]. Enfin la présence d'une entrée n'implique pas non plus la reprise d'informations données dans une publication antérieure: ainsi, pour le verbe trouver Ménage ne traite dans les ObPM que de l'opposition entre eu et ou [60], aborde dans les OLI [61] l'étymologie, pour terminer par une synthèse dans le DEOLF.

* * *

Pour compléter l'étude de la démarche lexicographique de Ménage, il faudrait analyser par étapes les différentes sources qu'il a utilisées [62]; mais peut-on déterminer les sources propres aux OLI? En vertu de l'économie générale de l'oeuvre de Ménage, il nous paraît particulièrement délicat d'étudier des sources spécifiques à un ouvrage: tout au plus pouvons-nous, en l'absence d'une base informatisée comprenant les principaux textes linguistiques, établir des fréquences relatives, à partir de sondages orientés en fonction de notre connaissance de l'oeuvre et de l'analyse détaillée des ajouts successifs. Certes, certains textes, par leur matière, intéressent tout particulièrement l'histoire de la langue italienne [63]; certes, les références aux textes littéraires, témoins des usages et des formes anciennes des mots, sont propres à l'Italien [64], mais toutes les sources citées sont-elles de première main [65]? Dans la même perspective intervient l'exemplification avec la question délicate des citations [66], nombreuses et parfois longues, qui conduisent J. Zehnder à se demander si Ménage a lu tous les auteurs qu'il cite, question à laquelle on peut répondre en partie: l'examen du catalogue manuscrit de sa bibliothèque [67] montre la grande richesse des ouvrages d'auteurs italiens et de leurs commentateurs (XVè-XVIIès.) que Ménage avait à sa disposition; la présence de plusieurs éditions d'un même texte prouve l'intérêt qu'il portait aux publications anciennes et contemporaines [68].

L'originalité des OLI ne tient donc pas seulement au genre du dictionnaire: mais cet ouvrage a dépassé son individualité de premier travail fondamental pour une connaissance de l'italien, à l'époque de sa parution, pour s'inscrire dans la dynamique d'une oeuvre, si l'on considère au-delà des objets premiers, l'histoire des mots, son rôle pour une meilleure appréciation des recherches du savant Ménage et du fonctionnement complexe de son oeuvre linguistique enracinée dans l'histoire littéraire et culturelle de l'Europe humaniste.