2. Mesures quantitatives

Nous prendrons une première mesure générale à partir d'un petit échantillon : la tranche du texte qui traite des mots en BAL-. Cet exemple nous suffit pour illustrer les tendances de chaque édition du point de vue du nombre de mots, du nombre d'adresses et du nombre d'alinéas (voir Table statistique).

1. Le nombre de mots de texte (*) va en croissant d'une édition à l'autre du Thesaurus (1531, 1536) ; il se réduit dans la première édition du DLG (1538), pour augmenter considérablement dans la deuxième édition (1546), mais à peine dans la troisième (1552). La place du français, minoritaire en 1531 et extrêmement marginal en 1536, tend vers l'égalité en 1538, mais se voit par la suite (1546, 1552) minorisé par l'ajout d'alinéas latins sans traduction française.
(* Mots graphiques dans le cas du latin : celebrésque = 1 mot ; mots linguistiques dans le cas du français : dartillerie et d'une comptent chacun deux mots.)

2. Du côté des alinéas, la tendance en 1531 vers la construction de paragraphes développés est maintenue en 1536, alors que le DLG est fait de courts alinéas-items. C'est là une marque du Thesaurus par rapport au Dictionarium (cf. le Thresor de Nicot par rapport au Dictionaire françois-latin d'Estienne ou au Dictionnaire de l'Académie à la fin du XVIIe siècle). Les alinéas construits de 1531 peuvent contenir plusieurs séquences d'équivalents français correspondant à plusieurs emplois latins différents (un cas dans l'échantillon BAL-, s.v. BALNEARIVS), ce qui n'est pas le cas par la suite, ni dans le Thesaurus, ni dans le DLG.

3. Le nombre de mots traités (les adresses, c.-à-d. vedettes et sous-vedettes) augmente après 1531, mais certains ajouts faits en 1536 ne sont pas repris par le DLG car considérés trop spécialisés (il s'agit surtout de noms propres).

Prenons un échantillon plus large, l'ensemble de la lettre B, pour examiner d'un peu plus près les équivalents (*) français.
(* Distinction séquence équivalentielle / équivalent : les deux séquences suivantes, par exemple, contiennent quatre équivalents, un dans la première, trois dans la seconde : "Appartenant ou seruant a bains ou estuues" (DLG 1546-1552 s.v. BALNEATORIVS ) ; "Petit bain, Petite estuue, Baignolet" (DLG 1546-1552 s.v. BALNEOLVM) ; une autre analyse trouverait dans la première séquence deux équivalents par combinaison elliptique : "Appartenant a bains ou estuues", "Seruant a bains ou estuues", voire quatre, selon qu'on juge le mot ou exclusif ou inclusif.)

4. Par rapport au Thesaurus de 1531, le nombre d'équivalents diminue en 1536, mais croît d'une édition à l'autre du DLG, notamment dans l'édition de 1546. La pluralité d'équivalents pour un même item baisse en 1536 et 1538, puis dans le DLG va en augmentant en 1546 et 1552. Un exemple typique (s.v. BASIS) :